"Quelquefois le génie est le mot d'un enfant"





CHAPITRE 34
Griefs
Eduardo marche de long en large dans l’appartement, Lorena se lamente bruyamment, elle a sauté à la gorge de Yolanda quand elle s’est présentée avec Jaime :
- C’est de votre faute ! Vous provoquez le malheur partout où vous passez !
Eduardo s’est précipité pour la retenir :
- Cela suffit Maman, ce n’est vraiment pas le moment des vieilles rancœurs !
Gladys arrive avec Raul, elle tient à peine debout. Le temps a suspendu son cours dans son esprit depuis l’annonce de l’accident. Elle ne regarde personne, ne voit personne, ne parle à personne. Lorena s’approche d’elle mais elle la repousse. Elle ne veut pas que cette femme la touche ! Elle veut même jusqu’à ignorer totalement sa présence pour l’instant, elle s’occupera de son cas plus tard !
Yolanda pose un regard interrogatif sur son frère, elle ne connaît pas cette femme. Jaime lui dit que c’est l’épouse de Bernardo et qu’elle est sensée la connaître car elle a rencontré Véronique. Alors Yolanda va vers elle et l’embrasse sur la joue. La jeune femme la serre contre elle et lui dit merci.
Les yeux de Lorena sont explosifs en regardant les deux femmes enlacées ! Elle devrait être complètement effondrée face à la fatalité qui a frappé son fils et elle attache une importance plus grande aux griefs de famille. Catarina l’observe et ne comprend pas son attitude. Elle s’approche de Yolanda croyant avoir affaire à Véronique :
- Je suis désolée de t’entraîner dans un tel désastre ma pauvre Véronique…
- Maman….je suis Yolanda…..Viens sur la terrasse et je t’explique.
- Yolanda, je suis si heureuse de te retrouver…il faut que je t’avoue quelque chose à propos de Véronique…
- Je sais maman…je l’ai vue…c’est ma sœur…d’ailleurs où est-elle ?
- A vrai dire je ne sais pas….Je pensais qu’elle était avec Jaime…. Mais comment avez-vous été mise en présence,… au cabinet ?
Yolanda passe sous silence pour l’instant le rôle de Raul :
- Oui c’est çà….Jaime m’a tout raconté.
- Il faut l’appeler…
- Je préfèrerais la revoir plus tard….
- Y a-t-il une raison spéciale à cela ?
- Oui…une enquête, et abattre nos cartes trop vite serrait préjudiciable pour la suite des évènements.
Elle sent bien que ce n’est qu’une excuse….Elle est surtout contrariée par l’attitude de Jaime. Il a été silencieux durant tout le trajet, la tête visiblement ailleurs depuis qu’il avait appris la présence de Véronique chez Yves ! Il n’avait fait attention à aucune de ses paroles ! Elle s’est sentie comme rejetée. Jaime serait-il amoureux de sa sœur ? Si vite ! Alors qu’il avait mis presqu’un an à lui donner un baiser à elle ! Elles sont semblables alors qu’a-t-il trouvé de différent en Véronique ?
- Mais tout le monde est au courant !
- Pas Eduardo, ni Lorena….ni d’autres membres de la famille encore.
Au même instant Eduardo les appelle :
- Nous allons partir pour l’hôpital…enfin pour la morgue…..Gladys doit aller reconnaître son mari et ce serait bien, Yolanda, si tu pouvais l’accompagner et la soutenir, elle me l’a demandé.
- D’accord, nous allons monter dans la voiture de Jaime…
Eduardo est agacé mais ce n’est pas le moment de provoquer une dispute.
Quelques minutes plus tard elles sont toutes les deux silencieuses durant la première partie du trajet pendant que Jaime conduit, puis Gladys se décide à parler.
- Yolanda il faut que je te dise ce qui s’est passé peu avant l’accident…
Et elle raconte tout.
- Tu ne sais pas qui a appelé ?
- Je crois que cela venait de la clinique, j’ai crû reconnaître le numéro mais j’ignore qui était au bout du fil. Il recevait souvent des appels, essentiellement de ton frère et de Carlo…
- Carlo ! Mon oncle ?
- Oui et chaque fois que c’était lui, il était très nerveux.
- Carlo n’est pas médecin, que faisait-il à la clinique ? Surtout aussi tard ? A moins que…
Jaime se mêle de la conversation :
- Yolanda penses-tu que Carlo serait le maillon manquant ?
Gladys les regarde étonnée :
- De quoi parlez-vous tous les deux ?
Yolanda reprend aussitôt :
- Est-ce que Bernardo s’est absenté durant les six derniers mois ?
- Non, pas que je sache…Ah si ! Une fois…pour un congrès…
- Sais-tu où était ce congrès ?
- En Argentine je crois…mais ton père y était aussi….
- Sont-ils restés longtemps absents ?
- Environ quinze jours, pourquoi ?
- Parce que nous sommes persuadés qu’il se passe des choses pas très claires à la clinique…
- Je le savais ! Bernardo rentrait de plus en plus tard et m’ignorait complètement.
Jaime coupe court à la conversation :
- Nous arrivons, nous reparlerons de tout cela plus tard…
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Voir également l'article "Terrain à vendre à Treilles"



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