"Quelquefois le génie est le mot d'un enfant"





CHAPITRE 20
Jalousie
22 Novembre 2003
Yves arrive de bonne heure au cabinet. La porte est fermée. Quand il voit Jaime et Véronique arriver en même temps, la jalousie l’envahit et il s’adresse à eux assez brusquement :
- Vous arrivez en même temps !
- En même temps car partis du même endroit, répond Jaime sur un air de défi.
Le regard interrogateur d’Yves se fixe sur Véronique.
- Bonjour Yves, oui j’ai passé la nuit chez Jaime parce que j’ai eu un problème…
- Pourquoi n’es-tu pas venue à mon hôtel ?
- Je ne voulais pas te déranger et de plus le voyage t’avait certainement fatigué.
- Nous nous connaissons depuis longtemps et tu sais que tu ne me déranges jamais….je suis trop heureux de t’avoir retrouvée.
Jaime ne s’avoue pas vaincu.
Tu n’as rien retrouvé du tout mon gars, je vais te rafraîchir la mémoire.
- Avez-vous prévenu votre épouse que Véronique est bien en vie ?
Yves ne s’attendait pas à cette question et cela le dérange de parler de Grâce.
De quoi se mêle-t-il celui-là ?
Véronique s’aperçoit de la tension qui existe entre les deux hommes mais feint de ne pas le remarquer.
- Quel va être le programme aujourd’hui ?
Yves riposte
- Un duel…
- Ecoutez les hommes, nous ne ferons rien de bon dans de telles conditions alors il faut vous calmer. Yves, notre vieille amitié m’est précieuse ; Jaime je suis très heureuse de te connaître alors cessez de vous prendre la tête tous les deux.
Jaime et Yves pensent tous les deux en même temps qu’il faut qu’ils parlent à Véronique le plus vite possible de leur amour pour elle.
Raul arrive et annonce :
- Bernardo est absent de la clinique pour toute la journée…..et si nous allions y faire un tour….
Yves pense aux conseils de l’agent d’Interpol :
- Y aller tous les quatre ensemble n’est pas judicieux …
Véronique l’interrompt en lui faisant un clin d’œil :
- Nous devrions y aller en deux groupes, Yves pourrait passer pour un ami de Bernardo désirant faire opérer son fils…. Et elle explique son plan.
Jaime est content de la composition des groupes. Yves n’en est pas satisfait du tout mais l’agent lui a dit d’être prudent pour Véronique donc il n’a pas le choix.
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A l’accueil de la clinique, Yves se présente seul et demande le docteur Esteban. L’hôtesse l’envoie au secrétariat de celui-ci. Une femme blonde le reçoit avec un charmant sourire et dans un français parfait :
- Je suis désolée, Dr Esteban est absent pour la journée.
Yves se présente :
- Je suis un de ses amis et il a promis de s’occuper de mon fils.
- De quoi souffre-t-il ? Je peux vous donner un rendez-vous pour demain.
- Mon fils a besoin d’une greffe… et docteur Esteban m’a dit de le faire hospitaliser très vite en m’adressant à son service personnel…
La jeune femme hésite puis :
- Je vais ouvrir immédiatement un dossier au nom de votre fils mais pour les autres formalités il faudra vous adresser directement à docteur Esteban….je pense que vous connaissez les modalités de l’intervention…
Après un dossier totalement fantaisiste :
- Je viens de loin et avant de prendre une décision aussi importante, j’aimerais visiter quelques chambres, connaître l’ambiance de la clinique.
- Aucun problème monsieur....
Et la fille le prie de la suivre à travers un dédale de couloirs jusqu’aux chambres privées du service de Bernardo.
Tandis que Raul fait le guet caché non loin de l’entrée derrière les plantes vertes, Jaime et Véronique suivent discrètement Yves.
Les couloirs se suivent puis tout devient plus beau, plus raffiné, les murs ont des couleurs attrayantes, ornés de tableaux naïfs. Visiblement dans cette clinique se pratique la médecine à deux vitesses ! La fille présente Yves à une infirmière puis lui montre une chambre.
Jaime et Véronique en profitent pour entrer dans une autre chambre. Elle est occupée par deux enfants sensiblement du même âge. Jaime reconnaît l’un des enfants :
- Mon Dieu c’est Joselito! Cela fait très longtemps qu’il n’a pas réapparu à la mission !
- Il est vraiment très pâle et mal en point par rapport à l’autre enfant.
Véronique s’approche de l’inconnu et lit sa fiche médicale car il est le seul à en posséder une au bas du lit.
Galvarino Micho, greffe du rein, était sous dialyse depuis treize mois….
Jaime et Véronique viennent d’avoir la confirmation de leurs doutes ! Ils retiennent le nom, prudemment ressortent de la chambre et regagnent la sortie de la clinique en prenant soin de ne pas se faire remarquer. Ils décident de ne rien dire à Raul car il est impossible qu’en surveillant Bernardo il ignore ce qui se passe dans cet établissement. D’ailleurs où est-il ? Dans une cabine téléphonique ! Qui appelle-t-il ?
Il les voit, raccroche très vite et :
- Où est Yves ?
Jaime lui répond :
- Avec la secrétaire, parti visiter une chambre.
- Vous ne l’avez pas suivi ?
- Non…nous n’avons pas voulu nous faire remarquer.
- Alors attendons ses commentaires.
Véronique lui demande :
- A qui téléphonais-tu au lieu de faire le guet ?
- J’ai reçu un message de ma mère sur mon bip alors je l’ai rappelée, elle a reçu des nouvelles de Yolanda.
Jaime est devenu nerveux :
- Etrange qu’elle ne m’ait pas téléphoné aussi….
Véronique l’observe.
- Tu es bien trop stressé mon cher Jaime si Yolanda n’est qu’une simple collègue !
- Où est-elle ? Quand revient-elle ?
- Bientôt….dans quelques jours…ton calvaire sera bientôt terminé Véronique.
Curieusement cela ne lui fait pas plaisir du tout ! Dès que Yves les rejoint, ils retournent au cabinet sauf Raul :
- Je retourne à la clinique pour prendre mon service de nuit….je vous appelle s’il y a du nouveau.
Véronique le trouve étrange et elle appelle Catarina.
- Allo c’est Véronique…..Tu viens de joindre Raul sur son bip... Y a-t-il quelque chose de nouveau ?
- Oui….J’ai dit à Raul que sa sœur avait téléphoné….
- Comment était-elle ?
- Je t’en parlerai demain….
- N’a-t-elle rien dit d’important ? Est-elle au courant pour moi ?
- Non…Nous en reparlerons…
Véronique raccroche assez dubitative. Et s’adressant à Jaime :
- Catarina semblait très nerveuse….Elle avait du mal à parler.
Yves répond :
- Certainement l’émotion d’avoir pu parler à sa fille.
- C’est possible….mais je sens autre chose.
Yves trouve alors plus normal que Véronique ne rentre pas chez Eduardo, il propose de lui réserver une chambre à son hôtel. Jaime trouve l’idée saugrenue de la faire dormir dans une chambre d’hôtel alors qu’elle serait plus en sûreté avec sa sœur et lui. La jeune femme sent à nouveau une terrible tension entre les deux hommes.
- Je vais vous mettre d’accord…je rentre chez Eduardo….J’aimerais savoir ce que lui sait de toute cette histoire
Jaime bondit !
- Tu ne vas quand même pas lui dire où tu étais cet
après-midi ?
- Evidemment non !….je vais ruser…..
Yves est très inquiet aussi :
- Parfois tu me fais peur…..fais très attention
- D’accord Messieurs ! A demain au bureau !
Aucun des deux hommes n’a réussi à rester seul avec la femme de leur pensée et tous deux se disent que ce n’est que partie remise !
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Voir également l'article "Terrain à vendre à Treilles"



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