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CHAPITRE 18

Démasquée

21 Novembre 2004

          Véronique a passé la journée chez Monica avec Jaime et Yves. Le diagnostic final pour Andora est qu’elle a été droguée et qu’elle a reçu des injections de produits non autorisés au Chili. Sur la fesse gauche, il manque un morceau de peau, certainement un prélèvement pour analyse mais pour quelle raison puisqu’elle est en bonne santé ? Véronique a peur de ce qu’elle pressent. Elle est révoltée.

           Quels autres prélèvements ont été fait sur les enfants disparus ? Que font-ils à ces pauvres petits ? 

          Andora doit être dirigée vers l’association demain. Véronique s’est attachée à cette enfant et elle demande à Monica de ne pas encore s’en séparer. Yves ne comprend pas

          - Tu vas bientôt t’en aller alors pourquoi ne pas laisser cette enfant suivre son chemin ? Mademoiselle sait parfaitement ce qu’il faut faire… 

          Jaime s’en mêle

          - Elle aime simplement les enfants et son cœur est sensible au sort de cette petite fille… 

          Cette réflexion énerve Yves.  
   

          De quoi se même-t-il ? Je connais mieux Véronique que lui ! Je sais qu’elle est sensible et c’est justement ce qui m’a tout de suite plu en elle. Il faut que je mette de la distance entre eux… 

          Monica se rend compte de la rivalité des deux hommes. Son frère ne réagit pas comme à l’accoutumée. Il semble jaloux. Se laisse-t-il abuser par la ressemblance ?

          Quand Véronique dit au revoir à Jaime, il la serre très fort contre lui. Monica voit le regard qu’ils échangent. 

          -  Ces deux là sont amoureux l’un de l’autre, c’est visible ! Mais le français aussi aime Véronique ! Il a l’air furieux et a du mal à se contenir ! La situation va s’embrouiller davantage  quand Yolanda va réapparaître ! 

          Dans la voiture Yves laisse éclater sa jalousie,

          - Que se passe-t-il entre toi et ce chilien ? 

          - Que veux-tu dire ? 

          - Tu m’as très bien compris… 

          - Je crois que tu dépasses le domaine de l’amitié ! 

          - Donc il y a bien anguille sous roche ! 

          - Absolument pas ! Il est amoureux de Yolanda alors fiches-moi la paix avec tes remarques ! 

          - Mon ange, excuses-moi…je suis surtout inquiet pour toi, tu vas bientôt partir alors…. 

          - N’en parlons plus…nous voilà devant ton hôtel…je rentre chez Eduardo… 

          - Fais attention là-bas, tu es en terrain ennemi… 

          Ne t’en fais pas, tout ira bien 

---------------------------------------------------------------

          Quand Véronique passe la porte de l’appartement, Lorena l’apostrophe immédiatement :

          - Où étiez-vous ? Votre père a téléphoné plusieurs fois au bureau et ici, il vous cherche et il est furieux ! 

          - Il rappellera ! 

          - Je suis sûre que vous étiez avec ce bellâtre de Jaime ! 

          - Je ne vous permets pas d’insulter mon collègue ! Je n’ai pas de compte à vous rendre, ni à mon père ! 

          -  Et à moi ?  Dit Eduardo, qui vient d’arriver.

          - Si tu as quelque chose à dire fais-le en privé

          Lorena écume de rage :

          - Demandes-lui où elle était toute la journée ! Son père a appelé au bureau et elle n’y était pas et son collègue non plus ! 

          - Chérie peux-tu répondre à cela ? 

          - Laisses le chérie de côté, garde ce doux nom pour d’autres !

          Véronique quitte la pièce et se rend dans la cuisine pour boire un verre d’eau. Eduardo lui prend brusquement le bras et fait tomber le verre.

          - Es-tu devenu fou ? Ne me touche pas ! 

          La sonnette  retentit et coupe court à la dispute. C’est Catarina, elle veut parler à sa fille.

          Elle voit les éclats de verre au sol :

          - Que se passe-t-il ici ? 

          - Rien de grave,   dit Eduardo.

          - Mais encore…. 

          Lorena veut parler mais Véronique l’en empêche :

          - Inutile de déverser votre fiel, ma mère et moi allons sortir pour avoir la paix.

          - Petite insolente ! 

          Véronique se retourne brusquement demande à Eduardo de l’accompagner dans la chambre :

          - Yolanda que se passe-t-il ? 

          - Tu dois trouver un logement à ta mère, je ne veux plus vivre avec elle ! 

          - Mais je ne peux pas faire cela ! 

          - Alors pour commencer je vais à l’hôtel cette nuit pour te laisser le temps de réfléchir à ce que je viens de dire… je ne peux plus supporter cette situation…. 

          Elle laisse Eduardo pantois au milieu de la pièce et rejoint Catarina en ayant pris soin de prendre quelques affaires de toilette et des vêtements de rechange.

          Catarina est perplexe  et dans la rue :

          - Je ne sais pas si Yolanda aurait agi ainsi mais tu as eu raison.

          - Pourquoi voulais-tu me voir ? 

          - C’est Ricardo, il est rentré et il  voudrait te parler et il m’a demandé de venir te chercher… 

          - Sais-tu pour quelle raison ? 

          - Pas exactement. Il parait que  tu t’es mêlé de ce qui ne te concernait pas.

          - Yolanda ne t’a jamais rien dit ? 

          - Je sais juste qu’elle s’occupait des enfants de la mission de Paine et que cela déplaisait à son père et à Bernardo, ils ont eu une discussion sévère à ce sujet.

          - Je suis allée hier à la mission…. 

          - Comment as-tu su que Yolanda s’en occupait ? 

          - J’ai trouvé une disquette concernant la mission….je ne sais pas encore exactement ce que tout signifie mais c’est grave et j’avance en terrain miné.

          - Donc l’accident de Yolanda n’était pas fortuit ! 

          - Non…elle revenait du dispensaire quand quelqu’un l’a volontairement envoyé dans le fossé… 

          -  Mon Dieu que se passe-t-il donc ? Et moi qui n’ai toujours pas de nouvelles de ma fille ! 

           Véronique lui raconte tout ce qu’elle a appris depuis l’arrivée d’Yves.

           Catarina est terrorisée.

          - Où est ma fille ? Que lui est-il arrivé ? 

          - Nous ne savons pas où elle est… 

          - Je dois prévenir Raul, il va nous aider… 

          Elles entrent dans la maison, Ricardo demande à Véronique de le suivre dans le bureau :

          - Tu vas m’expliquer à présent ce que c’est que toute cette histoire avec la petite Andora…. 

          - Si v…tu veux savoir où elle est, je ne te le dirai pas…. 

          - Te rends-tu compte de ce que tu as fait ? Cette enfant est peut-être gravement malade… 

          - C’est faux ! Elle va très bien ! Bernardo et toi vous êtes des monstres ! Vous essayez de nouveaux médicaments sur de pauvres enfants et je ne parle pas du reste ! 

          - Explique-moi cela dans le détail… 

          - Tu le sais très bien puisque tu es son complice ! 

          - Complice de quoi ? 

          - Tu veux que je le crie à la face de la terre ! Des enfants sont envoyés à l’hôpital où Bernardo est directeur et chirurgien et ils ne reviennent jamais à la mission ! Ils servent de cobayes voire même à d’autres choses plus horribles ! Vous êtes des monstres ! 

          - Qu’est-ce qui te permet de m’accuser ainsi ? 

          - Ce que Bernardo a vainement cherché dans mon cabinet !  Mais ne vous faites pas d’illusions ! Il y a plusieurs copies !  Et maintenant beaucoup de monde au courant !

          - Si ton dossier est si explosif, tu es en danger ! 

          - Est-ce une menace ? 

          - Non, une mise en garde…..sois très très prudente.

          - Dis à Bernardo qu’il vaut mieux qu’il ne cherche plus Andora.

          - Il ne bougera pas, je te le garantis…. 

          Quelque chose a changé dans le ton de sa voix. Il n’a plus l’air en colère contre elle. Son attitude est étrange.

          - Géniale inconnue, jamais je n’ai vu une telle furie ! Tu n’as vraiment peur de rien ! 

          - Que veux-tu dire ? » Véronique perd ses moyens, la phrase de Ricardo la fait trembler.

          - Je veux dire que je sais que tu n’es pas Yolanda….Tu maîtrises trop bien la langue française, de plus ma femme est toujours inquiète et pleure quand elle croit que je dors. Ce n’est pas l’attitude d’une mère qui a retrouvé sa fille…..Tu n’as pas non plus cette petite cicatrice de naissance au dessus de l’arcade sourcilière… Qui es-tu ?

          A quoi bon mentir, perdue pour perdue, Véronique explique ce qu’elle sait mais sans dire qu’Yves est à Santiago ni que Jaime connaît la vérité.

          - Comment es-tu au courant de ce qui se passe à la mission ? 

          - J’ai trouvé une disquette et je me suis rendue à Paine. J’ai vu cette petite fille et j’ai immédiatement fait le rapport avec la disquette alors j’ai emmené cette enfant en sécurité…. 

          - Tu as pris de gros risques alors que tu n’es pas concernée…… 

          - Si je suis concernée…je m’insurgerai toujours contre ce genre de pratiques ! Mais comment l’avez-vous su ? 

          - Bernardo est arrivé furieux en disant que tu avais kidnappé une petite malade sans me donner d’autres détails.

          - Elle n’est pas malade ! Un autre médecin l’a examinée ! Comment pouvez-vous cautionner ce genre d’expériences ? 

          - Cesses donc de me condamner avant de savoir la vérité, Yolanda a eu exactement la même réaction ! 

          - Alors pourquoi restez-vous sans agir ? 

          - Je n’ai pas de preuve mais à l’hôpital une anesthésiste a démissionné récemment en disant qu’elle ne voulait pas participer au  nouveau programme. Véronique tremble de partout, autant d’inquiétude que d’aversion.

           - Mon Dieu comment peut-on s’attaquer à des enfants ? 

          - J’ai été surpris quand Yolanda a débarqué dans mon bureau en m’insultant et en parlant de médecine illégale. Elle était tellement en colère que je n’ai rien pu lui demander et ensuite elle est partie en France.

          - Qu’allez-vous faire à présent ? 

          - Chercher Yolanda et te protéger, ne parle plus de cette histoire à qui que ce soit, c’est de la dynamite qui peut t’exploser au visage, tu vas continuer à jouer le rôle de ma fille jusqu’à ce que tout soit éclairci donc tu vas à nouveau me tutoyer. 

           Véronique sort du bureau, lessivée.  Catarina lui propose une collation mais elle refuse, elle veut prendre l’air, elle est au bord de la crise de nerfs. Catarina l’accompagne dans le parc.

          - Que te voulait mon mari ? 

          - Il sait que je ne suis pas Yolanda… 

          - Quoi ! Que lui as-tu dit ? 

          - Qui je suis mais je n’ai pas dit que Jaime est au courant ni que Yves est au Chili… 

          - Que va-t-il faire ? 

          - Chercher Yolanda et me protéger…. 

          - Je prie Dieu que cela soit vrai ! Il faut en parler à Raul, lui seul sait ce qu’il faut faire. Dans quel hôtel veux-tu aller ? 

          - Celui qui est en face de la rue. J’ai besoin de me reposer à présent. Nous nous reverrons demain.

          Quand Catarina a disparu dans le hall de sa maison, Véronique appelle Jaime.

          - Véronique ? Où es-tu et qu’est ce qui se passe ? 

          Elle lui raconte tout.

          - Laisse ta voiture sur le parking, je viens te chercher.

          Il a dû rouler comme un fou pour arriver aussi vite !

 

Par marinachili - Publié dans : LES TROIS DAMES roman policier - Communauté : Ecrire
Jeudi 13 décembre 2007

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  Voir également l'article "Terrain à vendre à Treilles"



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