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La télépathie est tellement complexe et inattendue!
Le jeudi 16 janvier 1986. Comme toujours je vaquais à mes occupations de la journée. Je préparais également les affaires de mon plus jeune fils qui devait partir en classe de neige dimanche et pour trois semaines. Il avait alors neuf ans et c’était la première fois qu’il quittait notre foyer.
Dans l’après-midi, je buvais un café chez une amie et au moment où je prenais la cuillère de sucre, j’eus un flash, comme souvent dans ma vie, je « voyais un cercueil de bois clair avec des poignées travaillées en cuivre. je hurlai, je me sentais mal. J’étais remplie de frissons. L'angoisse me faisait trembler des pieds à la tête !
Je pensais soudain à mon père en me disant : « il est en train de «m’appeler », il va mal ».. Les ondes passaient très souvent entre nous malgré la distance. (350km) Je courus chez moi pour lui téléphoner. Sa voix tremblait. Son cœur le faisait souffrir atrocement. Il réussit néanmoins à me dire : « Quand j’ai entendu la sonnerie du téléphone, je savais que c’était toi… » et, « Je pars à l’hôpital, c’est plus prudent parce que la charrette qui était sur l’étagère est tombée et une roue s’est détachée »
Cela paraissait fou comme phrase mais je savais exactement de quoi il parlait. Bien des années auparavant, nous avions vu un film avec Louis Jouvet comme acteur principal « Le charretier de la mort ». Dans l’histoire, quand quelqu’un entendait le bruit du chariot et qu’une roue se détachait, il savait que le moment était venu pour lui, de quitter ce monde.
J’aimais tellement mon père que cette éventualité n’était pas envisageable ! Je refusais toute pensée négative le concernant ! Il n’allait pas mourir, je ne le voulais pas !
J’envoyais alors mon fils de 19 ans en éclaireur le lendemain matin et je décidai de prendre le train dimanche matin immédiatement après le départ de mon fils cadet. Pour son premier départ de la maison, je voulais être avec lui, d’ailleurs il avait fortement insisté pour que je sois là, comme s’il sentait que quelque chose de grave était en train de se passer. Il n’était pas question que je l’inquiète.
Ce n’était pas facile de prendre cette décision car j’avais en même temps une immense envie de partir directement vers mon père.
La veille, le samedi à 23 heures 30, une atroce migraine me martelait les tempes. Jamais douleur n’avait été aussi forte ! Puis elle a cessé soudainement et totalement, le dimanche matin à 6 heures. Ce qui me venait alors à l’esprit était trop horrible pour être vrai alors je le chassais de toutes mes forces. J’avais eu mon père au téléphone le jour précédent et il allait bien. Il était rassuré parce qu’il était à la clinique.
J’emmenais donc mon fils au train comme prévu. Très sensible il s’aperçut de ma nervosité et me demanda comment allait son grand-père, phrase qu’il répéta souvent dans ses lettres ensuite comme un leitmotiv. Il sentait les choses comme moi et je crois que c’est toujours le cas aujourd’hui. Je tentais vainement d’échapper aux pensées négatives car les tremblements et les frissons qui les accompagnaient m’alertaient fortement.
A peine le train parti, j’appris la mauvaise nouvelle. Mon père était entré dans le coma à 23 heures 30 le samedi et décédé le dimanche matin à 6 heures.
Le lendemain en Lorraine, quand mes frères avaient choisi le cercueil, je n’étais même pas surprise de le reconnaître comme celui que j’avais « vu » dans mon flash.
J'avais longtemps culpabilisé parce que j'étais arrivée trop tard mais je n’ai jamais regretté d’avoir fait le choix de rester avec mon plus jeune fils. Il avait besoin de moi et j’étais là pour lui comme mon père l’avait été pour moi. J’en voulais juste au destin de m’avoir obligée à faire ce choix.
Plus tard, j’ai revu mon père en rêve, il disait qu’il n’avait pas voulu que je le vois souffrir et qu’il m’avait ainsi protégée une nouvelle fois comme tout au long de sa vie »
Aujourd'hui quand je pense à lui, les larmes me montent aux yeux mais il était et restera toujours mon havre de paix.
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