A la lueur glauque des cinq bougies du candélabre
Posé sur le mazarin en marqueterie à huit pieds,
L’amoureux transi décérébré se munit d’un sabre
Et pour un amour déçu s’adonne à un rituel macabre
Avant des se donner la mort sans peur et sans regret.
Une petite voix venue des profondeurs des ténèbres
Lui intima de suspendre son geste inutile et funèbre,
Et le pria d’accorder une ultime et dernière chance
A cette prétendue si lamentable et triste existence
Qu’il n’a pas su gérer pour être aussi malheureux.
Serait-il plus heureux en se présentant aux cieux
Dans un état de délabrement avancé lui si soucieux
De sa personne antan, si fier de son apparence ?
Jouer du coeur et des sentiments en alternance
Etait son loisir favori, à payer, en conséquence.
Pour mériter de ses actes le pardon et l’absolution,
L’homme à genou supplie avec intense passion
La belle, de ne pas le maudire et de lui accorder
Un autre moyen de la chérir et de l’aimer
Avec sincérité et d’honorer enfin ses promesses.
Que de fois lui avait-elle accordé ce sacré privilège !
Sa confiance à présent bafouée, ébranlée, évanouie,
Ne peut renaître comme sous la baguette d’une fée.
Elle le sait trop menteur, trop infidèle et fin stratège
Pour croire encore à ses sentiments si fort implorés.
Etre son amie est tout ce qu’elle peut lui offrir,
Même si son cœur encore épris la fait tant souffrir !
L’amant désoeuvré, anéanti la supplie de réfléchir
Mais elle ne peut une nouvelle fois fléchir,
Sa raison lui ordonne de loin de lui s’enfuir.
Ce n’est qu’une histoire irréelle et sans morale
D’un amour qui se voulait un jour très spécial.
Hélas l’homme toujours reste à lui-même égal
Et la femme, ouvrant les yeux, le trouve banal,
Les masques alors tombent après le carnaval.
(Violette W-Ruer 09 03 2008 -Tableau de 2006)
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