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CHAPITRE 9

Entrée en fonction
 

12 Novembre 2003

          9 heures : Véronique arrive au cabinet, déposée par Catarina devant l’immeuble de verre de quinze étages de la rue Martin de Zamora. Elle rencontre Jaime Larrain devant l’ascenseur.

          - Monsieur Larrain bonjour…excusez-moi mais je préfère monter les deux étages à pieds, je déteste les ascenseurs.

          - Bonjour Véronique, nous devrions nous tutoyer car c’est le cas avec Yolanda et elle aussi déteste les ascenseurs ! 

          - Je vais avoir besoin de v…ton aide car je ne connais pas la façon de procéder de ta collègue.

          - Les fichiers de patients sont sur disquettes et cd, d’autres sur le disque dur de son ordinateur, il y a aussi des notes écrites dans les tiroirs d’un meuble classeur. Elle m’a laissé le mot de passe pour que je puisse m’occuper de certains patients. 

          - Il serait préférable que je ne reçoive que les nouveaux patients ou les plus récents, les autres pourraient s’apercevoir d’une différence.

          - Bonne idée, je te laisse découvrir les lieux. En cas de problème, je suis juste à côté….pour la secrétaire, je viens seulement de l’engager, Yolanda n’a pas encore pu la rencontrer donc tout ira bien, de plus elle parle français et anglais comme moi.

          En entrant dans le bureau elle est agréablement surprise. Il est exactement comme elle aurait voulu que soit le sien. Une grande baie vitrée donne sur un parking boisé. Le décor indique la forte attirance de Yolanda pour le mobilier européen. Un grand tableau représentant la Tour Eiffel est accroché au dessus de la méridienne. Des dessins d’enfants sont scotchés sur une grande plaque en bois derrière le bureau.

          Pourtant quelque chose cloche dans cet ensemble harmonieux, comme si tout avait été fouillé et remis en place très vite et sans ménagement. Des feuilles dépassent d’un tiroir, des livres sont à l’envers sur l’étagère.

          Elle cherche les disquettes des patients et ne trouve que de rares dossiers dans un petit coffre sur une étagère. Elle appelle Jaime :

         - Tu m’as dit où trouver les disquettes mais il y en a vraiment très peu et tout semble avoir été fouillé… 

          - C’est sûrement son beau-frère qui les a emmenés quand il a transmis les dossiers urgents à un de ses confrères à l’hôpital  après le départ de Yolanda.

          - Tu parles de Bernardo ? A-t-il les clés ? 

          - Oui, cela m’a vraiment étonné que Catarina lui remette ! 

          - Comment Yolanda paie-t-elle les frais du cabinet ? 

          - Un comptable s’en charge à la fin du mois….pourquoi ? 

          - Peux-tu téléphoner à un serrurier, je vais faire changer les serrures….Bernardo ne m’inspire aucune confiance… 

          - Fais très attention, en dehors de Catarina et de Raul, la famille est redoutable ! 

          Redoutable ou pas, je suis Yolanda pour tous alors je vais faire comme si c’était mon bureau et mes affaires ! La seule à qui j’aurai à rendre des comptes sera Yolanda.

          Elle fouille les tiroirs, remet de l’ordre, consulte l’ordinateur mais ne trouve rien d’intéressant. Yolanda devait avoir une raison précise pour partir et pour susciter la haine de son beau-frère ! De plus il est visible que le cabinet a été fouillé.

          - Je dois chercher, un tel bazar signifie qu’il y a quelque chose d’important caché quelque part.

          Elle réfléchit.

          Bon si c’était moi où irais-je  dissimuler un dossier ou une lettre ou n’importe quoi d’ailleurs ? Je ne sais même pas ce que je cherche.

          Elle fixe un grand meuble.

           Il n’a pas l’air d’avoir été déplacé récemment, oui, ce serait une bonne idée…allons voir 

          Elle essaie de bouger le classeur vertical, impossible, il est trop lourd ! Pourtant c’est bien là qu’elle l’aurait mis ! Comme elle n’a rien de spécial à faire, elle vide toute l’étagère et tous les tiroirs puis tire un côté du meuble en avant.

          - Bingo ! Une disquette est fixée avec du ruban adhésif sur le fond du classeur. A peine a-t-elle fini de tout remettre en place et d’enfouir la disquette dans sa poche que des coups sont frappés à la porte précédant immédiatement l’entrée de Bernardo.

        - Pour qui se prend-il celui-là ? 

          - V…tu aurais pu attendre que je te dise d’entrer ! Et si j’étais occupée avec un patient ? 

          - Ne t’énerve pas ! La secrétaire m’a dit que tu étais seule….Fais-tu du rangement ? 

          - Oui comme tu vois…Des dossiers ont disparus ainsi que des disquettes….

          Je dois y aller au culot ! 

          - Est-ce toi qui les a pris ? 

          - Il fallait bien s’occuper de certains enfants puisque tu es partie en laissant tout avec une parfaite inconscience ! 

          - Ne crie pas. Qu’est-ce que tu veux ? 

          - Revenir sur la discussion que tu as interrompue en quittant le pays…. 

          - Je n’ai rien à te dire… Je ne veux plus en parler…. 

          - Et pour cause, je ne sais rien. Je ne sais pas de quoi tu parlais avec ta belle-soeur !

          - Est-ce que le choc t’aurait transformée ? Rendue sensée ? 

          - Le choc me met surtout devant une énigme : de quelle façon suis-je revenue ici ? 

          - Calmes-toi ! J’ai fait au mieux. Eduardo était trop malheureux C’était la seule solution pour que tu reviennes au pays ! 

          - Quelle solution ? 

          - Je suis parti te chercher….le reste est sans importance, l’essentiel c’est que tu sois de retour et dans de meilleures dispositions 

          - Pas à ton égard en tous les cas ! Je te prie de me rendre les clés du bureau et de ne plus t’y introduire sans ma permission ! 

          - Toujours ce même caractère peu digne… 

          - Je me moque de ton opinion, je ne veux te voir que le minimum lorsque nous sommes en famille…. 

          - Dis moi d’abord si tu vas cesser tes investigations et si tu vas nous laisser tranquille ? 

          - Nous ? De qui et de quoi parle-t-il ! Zut et zut, je ne peux rien lui demander, je dois être prudente avec ce gars.

          - Ce sont vos affaires et votre conscience, mais tout se paie un jour dans la vie…. Faites comme vous voulez, cela ne m’intéresse plus… 

          -Je ne m’en sors pas trop mal, pourvu qu’il s’en aille vite, j’ai les nerfs à fleur de peau 

          - Bien…bien…je vois que tu es devenue raisonnable….ton père va être content de l’apprendre…. 

          - Il parle de Ricardo Riveros ! Que sait Catarina à ce sujet ? Mon Dieu Dans quelle histoire Yolanda s’est elle embarquée ? 

          Bernardo s’en va et Véronique ferme la porte à clé avant d’introduire la disquette dans le lecteur.

           - Encore une difficulté, je n’avais pas pensé à cela, le clavier est différent, allons courage … 

           Le document n’est pas codé.

INSTITUT DON CARLO DE VARGAS DE PAINE.

Construction réfectoire

Accueil personnes défavorisées

Service social

Education générale

Cours de langues (français, anglais)

Assistance médicale 

          Tout le début du fichier parle des frais d’installation et des services détaillés de chaque rubrique. La dernière partie attire cependant son attention. Le médecin qui s’occupe de la partie soins est Bernardo

          Un peu trop gros, la coïncidence ! Je vais explorer cela.

          Elle s’apprête à appeler Jaime puis se ravise, elle ne le connaît pas. Yolanda a caché cette disquette dans son bureau au lieu de la confier à son collègue donc le mieux c’est de ne pas en parler

          - Pourquoi ai-je l’impression de devoir appronfondir ce sujet ? Pourquoi cela m’intéresse-t-il à ce point ? Les enfants, oui c’est çà, les enfants, il s’agit d’une mission recueillant des enfants, mon grand point faible 

          Elle étudie donc soigneusement la dernière partie du document. Des enfants d’âges divers ont été envoyés au service pédiatrique de la clinique de Santiago pour raison d’interventions chirurgicales et les transferts ont été demandés par Bernardo. Il y a toutes les dates depuis environ six ans

          Il y a aussi une foule de noms de famille associés à des numéros : 187 ae, 201 bd, 304 bx etc…. Il doit s’agir d’un code mais se référant à quoi ?

          L’association se situe à Paine. Après avoir cherché sur l’ordinateur, Véronique trouve enfin l’endroit, c’est à soixante kilomètres au sud de Santiago.         

          - Comment vais-je aller là-bas ? Je n’ai pas de voiture et je ne connais rien ici…Je vais demander au collègue.

          - Jaime allo ! Excuse-moi de te déranger à nouveau, Yolanda a-t-elle une voiture ? 

          - Oui mais elle est au garage…Yolanda a eu un accrochage sérieux avant de partir et depuis le véhicule n’a pas bougé…je ne sais même pas s’il a été réparé…. 

           - J’aimerais bien visiter le pays….Je suis ici pour quelques temps encore alors autant en profiter…. 

          J’espère qu’il va me proposer son aide 

          - Je peux te servir de guide avec ma voiture si tu le désires…. 

          - N’as-tu pas une famille ? Des obligations ? 

          - Je ne suis pas marié….demain jeudi je ferme le cabinet et je t’emmène où tu veux….Ne dis à personne que tu t’absentes, c’est préférable, même pas à Catarina…. 

          Je suis folle à lier, je ne le connais pas, et s’il était de mèche avec Bernardo ? Bon c’est trop tard…  

          - Ok à demain alors, au bureau.

          A midi Catarina vient la chercher :

          - Comment s’est passée cette matinée ? 

          - Très calme parce que personne ne sait encore que Yolanda est revenue, Jaime a pris des rendez-vous pour demain toute la journée…. 

          - Beau mensonge ! 

          - Bien, allons déjeuner au restaurant, je ne pense pas que tu aies envie de te retrouver en tête à tête avec la belle-mère car Eduardo ne rentre que ce soir.

          - Merci….Je ne possède rien, je n’ai pas d’argent comment vais-je vivre jusqu’au retour de ta fille ? 

          - J’ai une procuration sur le compte de ma fille mais elle pourrait téléphoner à la banque en s’apercevant des retraits alors je vais te donner de quoi vivre ici. Yolanda me remboursera plus tard. Eduardo va également te remettre une somme qu’il donne régulièrement à sa femme pour le ménage.

          - Mais cela ne m’appartient pas ! 

          - Tant que tu es Yolanda, agit comme elle le faisait…je vais te donner tous les renseignements utiles.

          - Jaime m’a dit que sa voiture est au garage… 

          -…oui … je m’en occupe dès demain… 

          - Yolanda t’a-t-elle téléphoné ? 

          - Non, pas encore…je m’inquiète un peu mais elle m’a déjà appelé plusieurs fois après la date convenue.

          - Je voudrais tellement rentrer en France ! Comment vais-je faire sans papiers ! 

          - Quand Yolanda reviendra tu repartiras avec les siens et tu nous les renverras ensuite. Au pire il y a l’ambassade…. 

          - Suis-je vraiment obligée d’attendre son retour ? 

          - Pour sa sécurité  je pense que oui… 

          Véronique a un moment de lassitude et de profond découragement. Les plats sont appétissants cependant la faim l’a quittée.

          En fin de journée, en tournant les clés dans la serrure de l’appartement elle n’a qu’une envie, prendre un bain relaxant et se coucher. Elle traverse la salle à manger et se heurte à Lorena :

          - Je pensais vous voir à midi ma chère belle-fille !  Auriez-vous perdu le chemin du foyer conjugal ?

          - Cessez vos sarcasmes s’il vous plait ! Et remettez les tableaux et les bibelots amoncelés dans ma chambre à leur place initiale ! 

          - Pour qui vous prenez-vous ? 

          - Pour la maîtresse de ces lieux ! Ne l’oubliez plus jamais ! 

          - Vous avez perdu ce droit en partant…. 

          - Peu importe ce que vous pensez, je suis chez moi ici et je ne fais que vous tolérer. Si cela vous déplait, allez vivre ailleurs et cessez de m’importuner ! 

          - La France ne vous a pas appris les bonnes manières ma fille ! 

          Véronique hausse les épaules et se rend dans sa chambre.      

          Pense ce que tu veux vieille chouette, Catarina veut que tout soit remis en place alors cela le sera et cette bonne femme ne m’impressionne pas mais qu’est-ce qu’elle m’énerve ! Je ne suis pas Yolanda, je ne me laisserai pas pourrir la vie !

          Quelques minutes plus tard des cris en espagnol lui parviennent du couloir, puis deux petits coups frappés à sa porte. Elle enfile vite un peignoir de bain et se retrouve devant Eduardo.

          - Ma mère est furieuse que s’est-il passé ? 

          - Une simple mise au point….Il serait bon qu’elle reste à sa place… 

          Heureusement que Catarina m’a tout raconté au restaurant !

          - Tu as toujours été dure avec elle….son état de santé risque de s’aggraver si tu la contraries…. 

          - Libre à toi de penser qu’elle est malade…Elle simule dès que tu arrives et avec moi cela ne marche pas ! 

          - Je sais que la cohabitation est difficile seulement tu ne fais rien pour améliorer la situation.

          - Si tu penses que je ne suis plus chez moi ici, je peux repartir ! 

          -  Non ! Je ne le supporterais pas ! 

          - A toi de décider ! 

          - Je vais parler à ma mère…. 

           C’est çà, va parler à ta mère et oublie-moi parce que je ne sais vraiment pas quoi te dire… 

          Lorena Esteban n’a pas dû apprécier la conversation de son fils car les cris ont repris de plus belle accompagnés ensuite de pleurs très bruyants, trop bruyants pour être sincères.

          Quelle comédienne cette femme ! Pas étonnant que Yolanda ait pris la poudre d’escampette ! 

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par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier communauté : Ecrire
Mardi 4 décembre 2007

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CHAPITRE 8
 

Avertissement

11 Novembre 2003

          Véronique a très mal dormi, sa nuit fut peuplée de cauchemars. Les menaces de Bernardo l’avaient fortement impressionnée. Une autre chose l’intriguait : Gladys avait dit que c’était la première fois qu’elles se voyaient, Yolanda et Eduardo n’avaient-ils pas été conviés à leur mariage ? Encore un morceau de puzzle !

          Elle se lève et une forte migraine l’assaille ! Elle se dit qu’une longue douche tiède pourrait être bénéfique. Tout son corps a besoin de se détendre.

          Elle ouvre ensuite l’armoire à la recherche d’une tenue au milieu de celles apportées par Catarina. Son choix se porte sur un tailleur beige clair et un chemisier à petits pois blancs sur fond marron. Heureusement la jupe est élastique et s’ajuste à sa taille. Elle n’attache pas ses cheveux, elle les coiffe soigneusement et les laisse tomber sur ses épaules. En mettant la main dans la poche droite de la veste, elle trouve un papier chiffonné. Elle lit :

          mi amor ven a reunirte conmigo al lugar acostumbrado a las 19 horas ».
  (Me amor viens me rejoindre à l’endroit habituel à 19 heures).

          Véronique remet le papier dans la poche, après tout ce n’est pas son affaire si Yolanda a un amant. Puis elle pense à Grâce et espère très fort que son amie trouvera la lettre envoyée la veille convaincante.

           C’est par son intermédiaire qu’elle avait trouvé son emploi. Elles n’étaient pas dans le même bureau mais se voyaient souvent dans les couloirs,  imitaient la voix râleuse du patron et pouffaient de rire. La tristesse l’envahit en pensant à tout cela et à ses amis. Une bonne odeur de pain grillé taquine ses narines alors elle se dirige vers l’endroit de ce délice. Chiloé, en la voyant, laisse tomber la tasse qu’elle avait  dans la main. Véronique se penche pour ramasser les débris…

          - Laissez Madame, je vais le faire…. 

          - Vous parlez français ? 

          - Oui Madame Yolanda m’a appris et nous parlions souvent toutes les deux… 

          - Vous savez que je ne suis pas Yolanda ? 

          - Oui…Madame Catarina me l’a dit ce matin…. Merci de m’avoir défendue, personne ne sait que je comprends votre langue, surtout pas Madame Esteban mère ! 

          - Alors pourquoi  tremblez-vous ainsi ?  Avez-vous peur de moi ? 

          - Je n’ai pas peur de vous….Vous lui ressemblez tellement et j’ai crû que Monsieur Eduardo l’avait retrouvée… 

           - Serait-ce donc si terrible ? 

          - Oui madame….Madame Yolanda a dit qu’elle ne reviendrait plus jamais dans la maison de son mari…. 

          - Savez-vous pourquoi ? 

          - Je ne sais pas…elle pleurait souvent quand elle venait  ici…. 

          - Il a pourtant l’air gentil avec moi ... 

          - Faites très attention madame…. 

          - Merci Chiloé….je vais prendre mon petit déjeuner…. 

          Raoul arrive en chantonnant, précédant Catarina :

          - Bonjour Véronique ! Avez-vous réussi à dormir un peu ? 

          Catarina lui dit sur un ton de reproche 

          - Raul, fais attention ! Appelles Véronique « Yolanda » et il faut que tu la tutoies sinon tu vas faire des erreurs lorsque nous serons en famille ! 

          Une heure plus tard, tous les trois se rendent à Las Condes. Jaime Larrain les reçoit avec amabilité mais reste bouche bée devant Véronique.

          - Tu es revenue ? Je ne t’attendais pas avant la fin du mois ! 

          Raul prend la parole ne laissant pas le temps à Véronique de répondre :

          - Incroyable n’est-ce pas la ressemblance ! 

          - De quoi parles-tu ?

          - De mademoiselle…et Yolanda…

          - Tu veux dire que ….

          - Oui…Mademoiselle est une française arrivée ici il y a quelques jours, amenée par Eduardo….nous n’en savons guère plus….Es-tu au courant de quelque chose ? 

          - Absolument pas. Yolanda n’a pas appelé depuis quinze jours, elle devait le faire hier matin mais j’attends toujours….j’ai laissé des messages sur son portable mais elle ne rappelle pas….vraiment étrange cette coïncidence…. 

          - Sais-tu pourquoi ma sœur est partie en France ? 

          - Pas exactement mais je sais que cela la concernait personnellement…Elle devait se rendre chez son amie Martine…. 

          - As-tu son adresse ? 

          - Oui la voilà….Martine Hoffmann, 11 rue aux arènes, Metz  France. 

          - As-tu essayé de téléphoner chez elle ? 

          - J’ai trouvé le téléphone sur Internet mais cela ne répond pas, même pas la nuit, je m’apprêtais à lui écrire…. 

          Véronique prend la parole :

           - Je pourrais peut-être écrire également à mon amie, elle n’habite pas très loin, dix minutes en voiture, elle pourrait se renseigner….encore faut-il qu’elle soit convaincue par ma lettre précédente ! 

          Jaime est inquiet, si Yolanda ne revient pas bientôt, son cabinet risque de tomber complètement. Il a repris certains de ses patients, surtout les adolescents mais les petits ont été redirigés ailleurs. Véronique propose de la remplacer en précisant qu’elle a un diplôme de psychologue.

          Catarina pense que c’est une bonne idée, au cabinet Véronique ne risque rien, Lorena Esteban la belle-mère n’y vient jamais. Reste le problème de la langue. L’espagnol de la jeune femme va-t-il être assez performant ? Avec les enfants certainement mais avec les parents cela risque d’être plus ardu. Il est  néanmoins décidé que le lendemain Véronique irait au cabinet pour un essai.

          Jaime demande de l’aide à Véronique pour écrire la lettre à Martine. Il la regarde longuement. C’est inimaginable une telle ressemblance ! Elle a un petit quelque chose en plus dans le regard qui provoque un trouble en lui. Sa voix aussi est un peu différente, plus chaude, plus suave. Il est fortement troublé par la jeune femme.   Ensuite Catarina et « ses » enfants retournent à Providencia.

 livre disponible par les liens ci-dessous.
seconde édition :

 

http://www.lulu.com/content/830392

ou première édition :

http://manuscritdepot.com/a.violette-wawerinitz-ruer.1.htm


par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier communauté : Ecrire
Lundi 3 décembre 2007

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CHAPITRE 7

Impulsivité

          Le repas se termine dans un silence religieux. Une jeune femme au teint basané, toute frêle et très belle avec de longs cheveux noirs tressés, dessert la table.

          Catarina se souvient du jour où sa fille est arrivée avec cette jeune fille très timide, c’était en 1999 :

          - Maman je te présente Chiloé, elle est mapuche, toute sa famille a été chassée de sa maison. Leur terre a été réquisitionnée par une entreprise forestière et ils vivent tous à présent dans les Poblaciones, (faubourgs pauvres de Santiago). Prends-la à ton service je t’en prie, elle vient d’avoir 18 ans et elle a besoin de travailler. Papa acceptera j’en suis sûre ! Chez moi c’est impossible pour une raison que je t’expliquerai un jour. 

          Cette jeune indigène est donc au service de Catarina depuis près de quatre ans.

          Chiloé fixe Véronique et ses gestes sont saccadés. A deux reprises elle a failli lâcher son plateau. Lorena Esteban la regarde sévèrement et dit à Catarina :

          - Ma chère, je ne sais pourquoi vous vous acharnez à garder cette indigène à votre service ! Elle devrait vivre dans sa réserve avec ces gens qui sont le chancre de notre société. Je ne comprends pas votre compassion pour ces pauvres diables ! 

          Elle a dit cette phrase dans un français parfait pour que la pauvre créature apeurée ne comprenne rien. Excédée Véronique rétorque sans réfléchir  avant que quiconque puisse prendre la parole :

          - Les indiens ne sont pas une race inférieure ! Ils ont droit aux mêmes égards et aux mêmes droits que nous tous ! 

           Bernardo ricane et répond par un sarcasme :

          - Ma chère belle-sœur, ton métier de psychologue pourrait être plus rentable si tu cessais de t’occuper des causes perdues et des déshérités, ce n’est pas ainsi que tu vas faire fortune ! Et réfléchis bien avant de t’insurger et de te scandaliser pour si peu ! 

          Yolanda psychologue ! Encore une coïncidence et une très bonne nouvelle ! Et ce mec, sincèrement il m’énerve ! 

          - Je fais ce qui me plait et ce qui me parait juste….la population française n’a pas ce genre d’attitude, elle est civilisée !  Le régime politique du Chili a toujours été une horreur ! Son moteur principal est l’injustice et la répression !           Les Droits de l’Homme sont bafoués !

          Le silence qui suit est impressionnant ! Catarina a brusquement pâli, et la « belle-mère » est tétanisée !

          Véronique en voyant le visage de tous se rend compte de l’erreur qu’elle vient de commettre, son impulsivité naturelle a fait surface….

          Bernardo continue :

          - Quelle fougue ma chère Yolanda ! Je crois que la partie européenne de ta nature a été exacerbée par tes mois d’absence ! 

          Catarina cette fois se fâche :

          - Bernardo cela suffit ! Tes attaques continuelles contre Yolanda me concernent aussi ! Chacun est libre de penser à sa guise alors il faut cesser de faire une histoire pour tout et pour rien, chacun fait son métier comme il le veut… et chacun a ses petits secrets, n’est-ce pas cher Bernardo ? 

          Cette fois c’est Eduardo qui devient cramoisi. Il réussit néanmoins à articuler :

          - Ma femme est à peine remise de ses émotions suite à l’agression alors toute cette discussion aurait pu être évitée.

          Véronique tente de se rattraper :

          - Merci Eduardo…je ne devrais cependant pas donner mon avis de façon aussi catégorique…. 

          Raul fixe sa sœur et fronce les sourcils. Elle lui semble différente, il n’arrive pas vraiment à définir ce qui le dérange dans son attitude ou dans sa manière d’être. Elle a maigri mais les derniers évènements en sont sûrement la cause. L’expression de son regard a changé. Il reflète toujours un peu d’inquiétude mais plus du tout la peur. Que s’est-il passé en France ? Pourquoi Eduardo est-il si magnanime alors qu’il a passé plus de quatre mois à la chercher  avec l’aide d’un détective privé ? Raul le sait parce qu’il a surpris une conversation entre son beau-frère et Bernardo. Quand sa sœur a téléphoné il y a trois semaines, il lui en avait fait part pour qu’elle soit prudente.

          Véronique, complètement ignorante des réflexions de Raul, se dirige vers la terrasse. L’ambiance est étouffante.      

           Ouf, enfin un  peu d’air, qu’est-ce qu’ils ménervent tous ! 

          Plongée dans ses pensées elle n’entend pas approcher Catarina qui la prend par la taille :

          - Ne bougez-pas, soyez naturelle…Vous m’avez vraiment fait peur avec vos remarques…. 

         - Je n’ai pas réfléchi, c’était plus fort que moi ! 

          - Yolanda pense comme vous mais n’en parle jamais devant la famille, vous savez le général Pinochet reste très populaire dans le milieu des affaires et l’armée est une institution respectée alors soyez prudente dans vos propos, le mieux c’est de ne jamais parler politique. 

          - Bernardo était-il toujours aussi désagréable avec votre fille ? 

          - Non  pas vraiment….C’est surtout Yolanda qui lui en veut…. mais ma fille n’a jamais voulu m’en parler ouvertement….. 

          Soudain elles sursautent toutes le deux au son d’une voix :

          - Que complotez-vous toutes les deux ? 

          Catarina souffle rassurée :

          - Raul ! Tu es incorrigible ! Tu nous as fait peur ! 

          - Bravo Yolanda pour ta réplique mais cela ne va pas arranger les choses avec Bernardo !  Ni avec ton mari ! C’est bien la première fois que tu exposes ton opinion ainsi !

          - Ce fut l’impulsion du moment ! 

          - Toujours aussi vindicative ! Vas-tu continuer tes investigations  ou as-tu abandonné ? Aurais-tu aussi pardonné à ton mari ? J’ai du mal à le croire ! 

          Devant l’air ahuri de sa sœur il reste muet. Que lui arrive-t-il ? A-t-elle perdu la mémoire ? Catarina va vers son fils et lui parle tout bas. Il se retourne à nouveau vers Véronique :

          - La ressemblance est fantastique! Comment une telle chose est-elle possible ? 

          Les deux femmes lui donnent chacune leur version. Il se lève en réfléchissant :

          - Je sais qu’Eduardo a parlé avec son frère d’un détective privé engagé en France pour chercher sa femme. J’ai prévenu Yolanda qui m’a dit de ne pas m’en faire pour elle, que tout allait bien et que Jaime, son associé, le tiendrait au courant si quelque chose clochait. Il faudrait lui rendre visite, peut-être a-t-il d’autres informations ? 

          Catarina propose donc à Véronique de se rendre au bureau le lendemain.

          Raul s’exclame :

          - Maman ! Comment va réagir Papa quand il va revenir ? 

          - Je m’en occuperai…. 

          - Suis-je sensée avoir aussi un père ? 

          - Oui, mon mari est parti quelques jours en Argentine à un congrès. Il en veut à sa fille d’avoir abandonné son foyer pour partir en France, il était complètement contre cette idée.

          Et bien cela promet » se dit Véronique !

          - Dernière chose….   lui dit Catarina avant de retourner dans la salle à manger  ….il faut nous tutoyer 

           -  Cela va être difficile pour moi… 

          - Oui mais nécessaire…y compris Bernardo, n’oublies pas…. 


Roman "Les trois Dames" disponible par ce lien :

http://books.lulu.com/content/830392




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Vendredi 30 novembre 2007

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CHAPITRE 6
 

La chambre bleue

10 Novembre 2003

          La pâle lueur de l’aurore filtre à travers les persiennes. Véronique s’étire langoureusement dans le grand lit, soudain….elle se souvient! Elle n’est pas chez elle! Elle repense à Catarina, à Eduardo et à la belle-mère…Quelle histoire invraisemblable!

          Elle jette un regard circulaire dans la pièce et trouve que la chambre est belle. Elle ne s’en est pas rendue compte la veille. Les murs sont tapissés de tissu bleu moyen à petites fleurs blanches. Le lit aux volutes blanches et dorées ainsi que les draps blancs en broderie anglaise s’accordent parfaitement avec le décor. Tout est étudié et installé avec soin et dénote le goût certain de sa créatrice. Véronique a toujours aimé le bleu et là les harmonies sont idéales.

          Les questions affluent. Depuis quand est-elle dans ce pays? Elle se souvient des illuminations de Noël installées pour l’approche des fêtes, après, plus rien, le vide complet. Des larmes perlent à ses yeux.

          Deux petits coups frappés à la porte et Catarina apparaît :

          - Je vous apporte des vêtements, vous avez le choix….vous êtes plus mince mais je pense que cela vous ira quand même. Il y a des sous-vêtements et des accessoires dans la commode ainsi que des chaussures dans le meuble face à vous. Ma fille a laissé quelques affaires ici, c’était sa chambre avant et au début de son mariage. Je n’ai rien changé Elle dormait ici quelquefois,  quand elle se disputait avec son mari.

          - Avait-elle un problème avec son mari? 

          - Je crois que oui…je vous laisse car Eduardo ne va pas tarder, la salle de bains est à votre droite.

          La salle de bains est aussi belle, aussi bleue et aussi raffinée que la chambre.

          Véronique se lave les cheveux avec un shampoing à la vanille et ensuite les remonte avec une barrette qu’elle a trouvée sur la coiffeuse. Yolanda doit s’attacher les cheveux car il y a une multitudes de rubans, d’attaches et de peignes multicolores dans une grande bulle en verre. Il y a aussi du maquillage et des crèmes de soins diverses.

          Elle enfile une robe en organdi blanc parsemée de fleurs pastel. Le vêtement n’épouse pas parfaitement son corps alors elle y ajoute une ceinture assortie à sa tenue. Ensuite elle va à la chasse aux chaussures. Plusieurs paires sont parfaitement rangées dans le meuble blanc indiqué. Par chance, elles ont la même pointure!

         Elle se campe devant le miroir et ce qu’elle voit la ravit. Elle se trouve belle malgré son regard un peu triste.

        En se retournant, elle voit une photo de mariage sur un guéridon recouvert de dentelle blanche sur un fond de velours bleu. Elle soulève le cadre et se fige. C’est incroyable comme cette femme lui ressemble! Les mêmes cheveux! Les mêmes yeux! Les mêmes fossettes!

          Eduardo apparaît à l’embrasure de la porte, il la fixe comme s’il la voyait pour la première fois :

          - Amada Yolanda, eres magnifico! 

          - Je t’en prie, parlons français.

          - Ce n’est pas bien raisonnable vu les circonstances, la famille risque de  ne pas apprécier mais je suis tellement content de ton retour que tu peux faire comme tu veux… 

          - Quelle famille? Où allons-nous? 

          - Juste dans la salle à manger pour le déjeuner. Tout le monde est content de ton retour alors ils viennent tous te saluer, tu sais comment est la famille…. 

          -  Non je ne le sais pas justement. Je ne peux guère poser des questions. C’est un vrai cauchemar! 

          Arrivée dans la salle à manger, quatre paires d’yeux la fixent et la mettent mal à l’aise.

          La première à faire un mouvement est Lorena esteban :

          - Alaba sea Dios! Por fin ustedes estan de vuelta. Nollegaron adelantados. 

          (Dieu soit loué! Vous voilà enfin de retour! Ce n’est pas trop tôt!) 

          Véronique la regarde fièrement sans lui répondre. Que pourrait-elle bien lui dire d’ailleurs! Son espagnol n’est pas assez performant pour répondre sarcastiquement à cette attaque.

          Lorena continue :

          - Peut-être que si je vous parle en français cesserez-vous d’être muette! Vous ne changerez jamais! Vos origines seront toujours plus fortes! 

          Eduardo s’insurge :

           - Maman! Ce n’est pas le moment! De plus Yolanda a le droit de s’exprimer comme elle le désire! Le fait que Catarina soit de naissance française n’est pas une tare que je sache! 

          Bonjour la belle-mère! Quelle harpie! Pas étonnant que Yolanda ne puisse la supporter et se soit enfuie!

          Raul s’avance :

 
- Bonjour frangine, heureux de te revoir, puis plus bas

 

          -  Tu es folle d’être revenue! 

          Pas le temps de s’étonner, Bernardo la congratule chaleureusement, trop même …

          - Quelle chance que mon frère soit arrivé à temps! Tu t’en tires à bon compte! Et lui aussi murmure :

          -  Cela ne sert à rien de te sauver à nouveau, tu ne seras en sécurité nulle part si tu fais l’imbécile! 

           Voilà les menaces à présent! C’est un vrai puzzle géant cette famille! 

          Une femme un peu effacée mais au visage angélique et doux l’embrasse affectueusement :

          - Yo soy Gladys, la esposa de Bernardo, no hemos tenido la ocasion de ser presentados. 
       (Je suis Gladys, la femme de Bernardo, nous n’avons pas encore eu l’occasion d’être présentées.)

          Ouf terminé! Véronique est à la limite de la crise de nerfs! Raul, Bernardo, Catarina, Gladys etc 

          Comment vais-je me souvenir de tous ces noms? 

          Après une prière, le repas commence et il ne subsiste plus que des regards furtifs et le bruit des couverts dans les assiettes. Véronique trouve cette trêve reposante malgré la lourdeur de l’atmosphère. Ce qu’elle avale est délicieux même si elle ignore ce que c’est.

 

 

par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier communauté : Ecrire
Mardi 27 novembre 2007

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CHAPITRE 4
 

Le retour

9 Novembre 2003

          Catarina insiste pour s’occuper de sa fille et décide de la faire transporter dans sa chambre de jeune fille. Elle explique à son gendre qu’une confrontation avec Lorena ne serait pas le meilleur moyen d’arranger les choses dans l’immédiat.

          Quelques jours avec Catarina ne pourraient être que bénéfiques pour sa femme alors il se laisse convaincre malgré la fureur de Bernardo qui signale sa désapprobation à son frère :

          - Pourquoi ne fais-tu pas valoir ton statut de mari ? Je ne l’ai pas ramenée pour que tu la laisses échapper à nouveau ! 

          - Ecoute, je te remercie de ton aide mais elle n’est pas loin et pas du tout en état de se sauver ! 

          - Tu ne sais pas comment elle va réagir quand elle aura repris des forces ! Et si elle te quittait à nouveau ? N’oublie quand même pas qu’elle n’est pas revenue de son plein gré ! 

          - Oui je sais…l’honneur de la famille avait-il besoin de la mettre dans cet état ? Tu y es allé un peu fort quand même !

          - Il fallait bien agir ainsi et qu’elle soit inconsciente pour prendre l’avion, jamais elle ne serait revenue ! En France elle avait même changé de nom ! Le détective privé a fait un travail remarquable 

          - Comment as-tu pu arranger les choses à la douane ? 

          - Tu sais parfaitement que j’ai la possibilité de me procurer des papiers…un ami me les a adressés à l’hôtel… 

          - Je suis quand même inquiet…A la clinique elle répétait sans cesse qu’elle n’était pas Yolanda…Elle ne me reconnaissait pas….Tu as frappé trop fort et trop forcé sur les somnifères ! 

          - Cela va passer…c’est le choc…avec le temps tout se remettra dans l’ordre alors cesse de te lamenter, ne la laisse plus s’échapper et arrête de faire l’idiot 

          - Mon pauvre Eduardo, tu ne sais pas à quel point est rusée ta chère Yolanda !

          Il faudra bien qu’elle se plie à nos exigences et cesse de fourrer son nez partout ! 

          Eduardo attend dans le salon que le médecin sorte de la chambre de sa femme. Catarina le rassure en l’informant qu’elle avait pu parler un peu avec sa fille avant l’arrivée du médecin de famille, le docteur Perez.

          C’était vrai. Quand Véronique avait ouvert les yeux elle s’était adressée à Catarina :

          - Qui êtes-vous ? Où suis-je ? 

          - N’ayez pas peur, chez moi, à Providencia 

          - Cela se trouve où Providencia ? 

          - A Santiago du Chili… 

          - Le Chili ! Mon Dieu ! Comment suis-je arrivée dans ce pays ? 

          - Vraisemblablement en avion…..comment vous nommez-vous ? Etes-vous française ? 

          - Oui, de Lorraine….je m’appelle Véronique et je n’y comprends rien ! Qui êtes vous ? 

          - En principe votre mère….En fait la mère de Yolanda à qui vous ressemblez d’une façon étonnante…je suis française de naissance.

          - Un homme est venu me voir et m’appelait Yolanda…. 

          - C’est Eduardo, mon gendre, le mari de Yolanda….Je ne sais pas par quel hasard vous êtes ici mais pour le découvrir jouez le rôle de ma fille jusqu’à ce que nous puissions obtenir de plus amples renseignements…. 

          - Comment vais-je faire avec un mari ? 

          - Ne vous inquiétez pas, ma fille et lui faisaient chambre à part depuis quelques temps 

          - Où est votre fille ? 

          - En France depuis six mois….      

          - Il y a eu méprise alors ?