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CHAPITRE 12
 

La lettre en France

16 Novembre 2003

          Grâce Weber revient du cimetière, elle a déposé des roses blanches sur la tombe de Véronique. Quelle fin tragique ! Tous les amis réunis la veille parlaient encore de cet accident qui a coûté la vie à la jeune femme.

          Elle avait tant de projets !  Elle voulait aider les gens défavorisés et elle n’a pas eu le temps d’exercer son métier de  psychologue.

          Le plus touché est Yves, le mari de Grâce. Il avait toujours secrètement aimé Véronique et il n’avait jamais osé le lui dire du fait de son amitié avec sa femme. Maintenant il ne pourra plus jamais !

          Grâce ouvre la boite aux lettres et trouve une belle enveloppe fleurie au parfum délicat. Son mari la regarde soupçonneux. Grâce croit reconnaître l’écriture mais ce n’est pas possible…Elle fixe son mari sans dire un mot. Il s’énerve :

          - Qu’y a-t-il ? Pourquoi es-tu si blanche tout à coup ? 

          - C’est…c’est l’écriture de Véronique… 

          - Ne dis pas n’importe quoi, tu sais parfaitement que c’est impossible.

          - Non ! Regarde toi-même ! 

          Yves est décontenancé car effectivement cette écriture est à s’y m’éprendre celle de Véronique, il la reconnaît bien ! Elle lui a souvent écrit des poèmes pour son anniversaire.

          - Ouvres l’enveloppe et nous saurons, peut-être l’a-t-elle écrite avant l’accident.

          - Pourquoi aurait-t-elle écrit alors que nous habitions l’une à côté de l’autre ?

           Grâce décachette l’enveloppe en tremblant :

          Ma chère Grâce

          Je pense que cette lettre va t’étonner après ma disparition subite. Ce qui suit va être difficile à croire mais je t’en prie, va jusqu’au bout de ma missive.

          J’ai fait l’objet d’une agression dans le parking Saint-Jacques, ensuite je me suis réveillée dans une chambre d’hôpital et pour finir dans une maison au Chili où tous m’appellent Yolanda. Oui tu lis bien, je suis à Santiago du Chili et je ne sais pas comment je suis arrivée là !

          Mais je suis bien Véronique : rappelles-toi notre soirée  pour l’enterrement de ta vie de jeune fille, une semaine avant ton mariage, la boucle d’oreille que j’ai fait chercher à tout le monde parce que je ne savais pas où je l’avais perdue….souviens-toi aussi de ma grand-mère et de l’énigme dont je te parlais et dont toi seule est au courant

          Pour mon appartement pourrais-tu t’en occuper et prendre soin de mes affaires? J’espère que tu as toujours le double de mes clés.

          Pourrais-tu essayer de te renseigner  également au sujet de mon agression dans le parking devant ma voiture? Je ne sais pas qui m’a trouvée ni qui m’a envoyée à l’hôpital et ni comment j’ai pu me retrouver au Chili.

         Je ne peux t’en dire davantage pour l’instant mais je t’en prie, crois-moi !

          Je t’écrirai à nouveau pour te donner d’autres renseignements.

Ton amie

Véronique

          Grâce éclate en sanglots. Yves prend la lettre et la lit à son tour. Serait-il possible que Véronique soit encore en vie ? Et si c’était une mauvaise blague ? Ce serait vraiment monstrueux !

          - Grâce calmes-toi ! Soyons prudents, tout est peut-être vrai mais il se peut aussi…. 

          - Arrêtes de dire n’importe quoi ! Je suis seule à connaître certains détails et je te dis que c’est elle ! 

          - Mais elle ne parle pas d’accident seulement d’une agression ! 

          - J’avais toujours trouvé bizarre qu’elle ait pu se trouver dans le quartier St-Symphorien à quatre kilomètres de son bureau et à une heure aussi matinale.

          - Qui serait alors la femme trouvée dans sa voiture ? 

          - Nous avons pensé que c’était Véronique mais son visage était méconnaissable, Elle était dans l’Austin avec son sac et ses papiers…. Et elle portait sa robe préférée…nous l’avions achetée ensemble…. 

          Au fond de lui, Yves veut croire que cette amie qu’il aime est toujours en vie et en même temps il a peur d’une nouvelle souffrance si cela s’avère faux car il a lui aussi reconnu la robe qu’elle portait souvent….

          La seule certitude : il va tout faire pour connaître la vérité.

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CHAPITRE 13
 

Le jardin botanique

16 Novembre 2003 suite

           Yves revient du commissariat où il a montré la lettre de Véronique. Personne n’a pris au sérieux sa demande de recherche. L’identité de la jeune femme a été certifiée par eux et les amis et il n’est pas question de faire une autopsie à présent. Les éléments de la lettre n’étant pas suffisants pour ouvrir une nouvelle enquête.

          Il est furieux ! Il s’apprête à en parler à Grâce quand le commissaire le rappelle :

          - Monsieur Weber, j’ai réfléchi à votre demande de renseignements et à la lettre que vous avez reçue, Nous ne pouvons totalement ignorer cette missive alors si vous recevez d’autres nouvelles de cette correspondante, prévenez-nous…. Avec d’autres détails nous pourrons peut-être ouvrir une enquête…. 

          Yves s’assoit dans un fauteuil, la télé est allumée mais il ne regarde pas l’écran, le film qu’il voit est celui du passé.

          Il promène son chien au jardin botanique et il voit deux jeunes filles rire aux éclats en jetant des morceaux de brioche aux trois cygnes glissant sur le lac. Il s’approche :

          - Mesdemoiselles il est interdit de jeter de la nourriture aux cygnes, vous risquez une amende…. 

          Grâce est la première à se retourner  et à ironiser :

          - Promis monsieur l’agent…nous ne recommencerons pas !  

          Quand Véronique fait demi tour, il ne voit que ses yeux verts et son sourire. Elle le fixe d’abord sans une parole puis :

 

          - Allez-vous nous dénoncer cher monsieur ? Ne serait-il pas dommage d’enfermer deux jolies personnes comme nous ? 

          - Je ne suis pas gardien du jardin botanique, juste un visiteur comme vous…. 

          Grâce éclate de rire :

          - Nous le savons bien  puisque le gardien est mon père ! 

          - Pour me faire pardonner ma maladresse puis-je vous inviter à prendre un verre au bar d’en face ? 

          Véronique est un peu réticente mais Grâce accepte très vite avant qu’elle ne puisse répondre par la négative.

          Ils se sont vus régulièrement les semaines suivantes et il a fini par sortir avec Grâce pensant provoquer la jalousie de Véronique mais cette dernière semblait se réjouir pour son amie et n’était pas du tout ennuyée de les voir ensemble.

          Puis un soir, Véronique arriva avec un ami alors qu’il les avait invitées toutes les deux. Elle lui dit avec un air un peu gêné :

          - Excuse-moi Yves mais je ne voulais pas laisser Brian seul, il est en instance de divorce et n’avait pas le moral alors je l’ai convié à se joindre à nous, cela pose-t-il un problème ? 

          Bien sûr que c’était ennuyeux ! Mais il ne dit rien. Durant le repas il lui jetait des coups d’œil rapides mais elle ne s’occupait que de Brian. Il était follement jaloux et finit par être désagréable avec Grâce.

          Plus tard il apprit que Véronique et Brian se voyaient souvent et sortaient ensembles. Alors il s’est rapproché de Grâce. Il n’éprouvait pas de l’amour pour elle, simplement une infinie tendresse et il espérait toujours pouvoir avouer son amour à Véronique
 

          Tous ses espoirs furent réduits à néant quand Grâce lui annonça qu’elle attendait un enfant. Il décida de l’épouser mais ne lui a jamais livré son cœur.

          Il se souvient d’une phrase de sa femme qui aujourd’hui l’intrigue beaucoup. Véronique lui avait dit qu’elle se sentait suivie depuis quelques semaines par une voiture blanche. Elle avait même noté la marque et le numéro du véhicule. Le conducteur a-t-il un rapport avec sa disparition ? Il faut qu’il retrouve le mot griffonné par son amie.

          Pourvu que Véronique écrive à nouveau ! Il est très impatient d’avoir des nouvelles !

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CHAPITRE 14

Seconde missive

18 Novembre 2003

 

          Yves Weber met la main dans la poche pour chercher ses clés de voiture et retrouve la lettre de Véronique. Mu par une intuition, il fait marche arrière et ouvre la boite aux lettres. Son cœur bat très fort en voyant une enveloppe fleurie au milieu de son courrier. Enfin d’autres nouvelles ! La lettre est adressée à Grâce mais elle ne rentre pas avant la soirée alors, incapable d’attendre, il décachette la lettre.

          Ma très chère amie,

          Comme je te l’ai écrit précédemment, je suis au Chili. Je t’indique ci-dessous l’adresse où tu pourras m’écrire, il s’agit du cabinet de consultation de la psychologue à qui je ressemble tant ! Encore une coïncidence n’est-ce pas ?

          Cabinet de psychologie

          Yolanda ESTEBAN

          567 Rue Martin de Zamora

          Deuxième étage bureau 202

          LAS CONDES

          CHILI

          J’ignore toujours comment j’ai atterri dans ce pays mais je m’efforce de comprendre.

          Yolanda a séjourné chez une de ses amies, Martine Hoffmann qui vit 11 rue aux Arènes, non loin de chez toi. Te serait-il possible de trouver des renseignements auprès d’elle ? Nous n’arrivons pas à la joindre au téléphone d’ici. Je sais qu’un détective privé a été mis sur sa trace pendant plusieurs mois. Il s’est trompé de personne, du moins est-ce l’éventualité la plus valable à ce jour.

          As-tu parlé à Yves de ma lettre ? Je pense que oui. Croyez-moi tous les deux car vous êtes mon seul secours.

          Avez-vous pu apprendre quelque chose à propos de mon agression ?

          Je suis impatiente d’avoir de vos nouvelles

          Je vous embrasse tous les deux  

          Véronique

          Yves se rend immédiatement au commissariat où il est reçu par le commissaire qui l’avait rappelé lors de la première lettre.

          - Avec ces autres éléments, nous pouvons ouvrir une enquête au sujet de l’accident de votre amie…enfin, essayer de découvrir qui était à sa place dans le véhicule…..étrange affaire que voilà ! 

          - Elle écrit agression et enlèvement et non accident, elle n’a pas l’air de savoir du tout ce qui s’est passé ici.

          - Nous allons demander une autopsie de la conductrice du véhicule…. Auriez-vous des renseignements médicaux concernant votre amie ? 

          - Ma femme a les clés de l’appartement de Véronique Mirol, nous y trouverons certainement un dossier médical…. 

          - Etant donné l’ouverture d’une enquête, demandez à votre épouse de nous remettre les clés, nous allons procéder à une fouille minutieuse de l’appartement  et surtout gardez le contact avec le Chili.

          Bien sûr qu’il va rester en contact avec Véronique ! Il est trop heureux d’apprendre qu’elle est vivante ! Il va même tout faire pour trouver son numéro de téléphone ! Pour commencer il va aller rendre visite à Martine Hoffmann. L’amie de Yolanda a peut-être des renseignements importants la concernant.

          Il frappe à la porte d’un petit immeuble rue aux Arênes, un gémissement se fait entendre mais personne ne répond. Il frappe à nouveau et un voisin ouvre sa porte :

          - Si vous cherchez la demoiselle, elle doit être absente. Son chien aboie toutes les nuits et je m’apprêtais à aller à la gendarmerie car les plaintes ont remplacé les aboiements. Ce pauvre chien est seul depuis longtemps ! 

          Yves se dit qu’il est urgent d’avertir le commissariat….

          Quelques minutes plus tard la police est sur place et fait ouvrir la porte par un serrurier. L’odeur est insoutenable ! Le spectacle est désolant : le chien a demi inconscient sous une chaise gémit, l’appartement est totalement saccagé, la pauvre bête a dû chercher de quoi s’alimenter.

          Le commissaire Marroco s’adresse à Yves :

          - Je crois que cette affaire est plus compliquée que nous le pensions, la propriétaire des lieux n’a pas pu laisser son chien seul aussi longtemps sans une raison grave, nous allons la rechercher…. 

          Yves ne répond pas, ses yeux sont fixés sur une photo dans un cadre suspendu au mur face à la porte. Cela pourrait être Véronique à côté de l’autre jeune femme mais la légende dit « Avec Yolanda à l’Universidad de la Catolica 1989.

          Le commissaire suit son regard, lui aussi est frappé par la ressemblance de Yolanda et Véronique dont il a eu la photo sous les yeux quelques minutes plus tôt. Il se gratte nerveusement la tête :

          Trois femmes…un cadavre qui n’a plus d’identité….un accident qui n’est plus un accident….une femme au Chili à la place d’une autre…. Et aucune certitude de tous les cas de figure. Quelle galère !

          Il demande à Yves de rentrer chez lui :

          - Nous allons demander l’exhumation du corps trouvé dans la voiture et tenter de l’identifier, nous vous appellerons…. 

 

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Vendredi 7 décembre 2007

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          Une amie m’a écrit que je devais cesser de lire des choses déprimantes, elle a raison. « La race des Salauds » de Liliane Schrauwen n’était pas une lecture bien gaie. Je préfère de beaucoup « Sur le bord de la rivière Piedra » de Paulo Coelho. Il s’agit d’une belle histoire d’amour qui nous apprend « que nous vivons au milieu de l’extraordinaire ».

          Il nous est arrivé de dire en pleurant « Je souffre pour un amour qui n’en vaut pas la peine. » Nous souffrons parce que nous croyons donner plus que nous ne recevons. Nous souffrons parce que notre amour n’est pas reconnu. Nous souffrons parce que nous n’arrivons pas à imposer nos règles. Nous souffrons sans raison, car dans l’amour est le germe de notre développement. Le véritable amour est un acte de don total.

          « La rivière Piedra » est un livre sur l’importance de ce don. Pilar et son compagnon sont des personnages fictifs, mais ils symbolisent les nombreux conflits qui sont notre lot dans la recherche de l’Autre Partie. Tôt ou tard, nous devons vaincre nos peurs puisque le chemin spirituel se fait au travers de l’expérience quotidienne de l’amour. Puissent les pleurs de Pilar sur le bord de la rivière Piedra nous conduire sur le chemin de cette communion.

          Paulo Coelho

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Jeudi 6 décembre 2007

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CHAPITRE 11 

Orage

14 Novembre 2003

          Catarina emmène Véronique jusqu’au garage où elle récupère le coupé Toyota Celica de Yolanda. Véronique est émerveillée par la voiture. Ce genre de véhicule est très onéreux, de l’ordre de trente mille euros.
 

          Comment Yolanda a-t-elle pu s’offrir une telle voiture ? Certainement avec l’aide de ses parents.

          Elle se rend au bureau, non sans mal, car elle ne se souvenait que vaguement de l’itinéraire et  retrouve Jaime. Il l’accueille soucieux.

          - Tout s’est-il bien passé hier soir ? 

          - Oui…le repas un peu stressant en raison de la belle-mère…. 

          - Et Eduardo ? 

          - Il a essayé de me convaincre de faire un effort pour que notre couple s’arrange, il dit qu’il m’aime toujours et qu’il ne comprend pas pourquoi je suis si distante…. 

          - Ne te laisse pas abuser…. 

          - Aucun risque, aurais-tu déjà oublié que je ne suis pas Yolanda ?  Sais-tu si elle avait un amant ? 

          Bon sang pourquoi lui ai-je demandé cela ? 

          -  Pas que je sache….. Pourquoi une telle question ? 

          - Ce n’était qu’une idée en rapport avec le fait qu’elle faisait chambre à part avec son mari…. 

          - Je ne connais pas la raison de cette situation….elle n’en a jamais vraiment parlé…mais je la connais bien, si elle a pris cette décision c’est que la raison était importante.

          -  Cà je me doute que tu la connais bien ! La raison c’est peut-être toi ! Oh, je n’aime pas du tout ces pincements au cœur ! Qu’est-ce que cela peut bien me faire après tout que ce soit lui ou pas ?

          Jaime ne veut pas parler de la vie intime de sa collègue. Elle lui a confié ses problèmes mais il ne se sent pas le droit de les dévoiler même s’il sent qu’il peut faire confiance à Véronique.

          - Comment va Andora ? Le médecin est-il passé ? 

          - Il vient ce matin, Monica appelle dès qu’elle a les résultats…. 

          La porte s’ouvre bruyamment livrant passage à un Bernardo furibond !

          - Jaime pourriez-vous nous laisser il faut que je parle à ma belle-sœur ! 

          Jaime n’est pas rassuré du tout de la laisser avec cet énergumène :

          - Yolanda veux-tu que je reste ? 

          - Non Jaime merci….je sais me défendre….   

          Et se tournant vers Bernardo :

          - C’est quoi cette façon d’entrer dans mon bureau ! Pour qui te prends-tu ? 

          - Ma belle tu dépasses les bornes ! Où est Andora ? 

          - De qui parles-tu ? Est-ce ta maîtresse ? 

          - Ne te moque pas de moi ! Où est l’enfant ? 

          - Je ne sais pas de quoi tu parles ! 

          - Tu étais à la mission hier….Quelqu’un t’y a vue…. 

           S’il affirme cela c’est que vraiment il a des espions là-bas, il vaut mieux que je dise oui mais pour le reste, nada.

          - Et alors est-ce un crime ? Je suis psychologue et le soutien moral de ces enfants et des familles déshéritées me tient à cœur, l’aurais-tu déjà oublié ? 

          - Je vais porter plainte pour rapt d’enfant ! 

          - Ne me fais pas rire ! TOI tu veux porter plainte ! Comment vas-tu justifier  toutes les disparitions du dispensaire de Paine ? 

          - Qu’est-ce que tu racontes ? 

          Il est beaucoup moins sûr de lui et son visage est cramoisi.

          - Oui, tu as bien entendu ! Que sont devenus les enfants que tu as opérés ? Aucun n’est revenu à la mission ! 

          - Tu es folle….tu ne peux pas s…..Je vais prévenir ton père…. 

          - Tu as raison mais dites-vous bien tous les deux que mon voyage en France m’a fait le plus grand bien et que vous ne me faites plus peur, maintenant moins que jamais ! 

          - Tu vas t’en repentir…Fais très attention à toi…. 

          - Ma sûreté se sont les photos que j’ai prises de ton dossier et que j’ai mises sur disquettes et surtout en lieu sûr. S’il m’arrive malheur tout sera étalé au grand jour et les deux familles seront éclaboussées par le scandale.

          Pourquoi ai-je dit cela ? Je ne sais pas comment Yolanda s’est procuré les documents ! Tant pis, il fallait bien que je trouve un moyen de protection ! 

          Bernardo quitte le bureau en claquant la porte et en hurlant :

          - Vraiment tu vas le regretter ! 

          Dès qu’elle est seule, Véronique se met à trembler de tout son corps. Jaime la retrouve recroquevillée sur la méridienne. Il lui prend les mains et tente de l’apaiser. Elle pose la tête sur son épaule et éclate en sanglots.

          - Véronique mon cœur calmes-toi, il est parti….je suis là, tu ne crains plus rien.

          L’a-t-elle bien entendu lui dire, mon cœur ? Il est en train de se laisser abuser par la ressemblance.

          Il essuie les larmes avec un mouchoir en papier et passe ses doigts sur les lèvres de la jeune femme avant de l’embrasser.

          - Jaime je t’en prie, je ne suis pas …. 

          - Chut…. et il l’embrasse à nouveau.    

           Je dois arrêter cela tout de suite, je ne suis pas Yolanda.

          Elle n’a pas le temps de parler, le téléphone se met à sonner.

 

 

 

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Jeudi 6 décembre 2007

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CHAPITRE 10
 

Paine

13 Novembre 2003

          Véronique attache ses cheveux en une grande natte car la journée s’annonce chaude. Elle enfile un ensemble pantalon en lin écru et des chaussures basses et confortables. Si lors de la visite elle doit marcher, il vaut mieux être à l’aise. Eduardo frappe à sa porte et lui propose de la conduire au bureau.

          - Il faut que je prévienne C….ma mère pour qu’elle ne se dérange pas inutilement 

          - Je peux venir te rechercher…. 

          - Je te remercie mais, je ne sais absolument pas quand finiront les consultations,  je rentrerai en taxi ou je demanderai à Jaime de me ramener.

          Eduardo fronce les sourcils.

          - Jaime ! Jaime ! Toujours lui ! Je ne vais rien dire pour le moment sinon elle va se sauver à nouveau.

          - Bien…demain tu récupères ta voiture…ce sera mieux.

          Véronique a remarqué la contrariété dans le regard de « son mari »

          - Il n’a pas l’air d’aimer le collègue de Yolanda. Serait-ce Jaime l’amant du petit mot ? 

          Dans le hall de l’immeuble, Jaime attend l’ascenseur. Véronique l’interpelle. Ils allaient sortir par l’entrée centrale quand Jaime lui fait faire demi-tour :

          - Viens, montons au cabinet… 

          - Pourquoi ?  Qu’est-ce qui t’arrive ?      

          - Carlo Riveros le frère de Ricardo arrive dans l’immeuble et il nous a vus… 

          Quand l’homme entre avec eux dans l’ascenseur, Véronique est figée, elle ne supporte pas d’être dans de petits espaces clos. Carlo la fixe d’un regard dur et sévère mais elle ne baisse pas les yeux.

          - Alors te voilà de retour ?  Ceci dit abruptement et en espagnol.

          Véronique adossée à la paroi ne dit pas un mot. Il continue :

          - J’espère que tu as compris à présent où est ton intérêt… 

          Elle ne répond toujours pas.

          Ils m’énervent tous avec leurs phrases énigmatiques ! En plus je me sens vraiment mal dans cet ascenseur.

          - Monsieur Larrain, votre collègue est devenue muette, sortez-la vite de cet endroit qu’elle déteste ! 

          Tout cela s’est passé très vite pourtant Véronique a cru que cela avait duré une éternité ! Jaime l’accompagne dans son bureau pour qu’elle récupère un peu quand le téléphone se met à sonner. Véronique répond :

          - Cabinet Esteban j’écoute…. 

          - Mon Dieu que c’est étrange de dire cela ! 

           - Madame Yolanda c’est Enriqueta ! Comme je suis contente de pouvoir vous parler ! J’ai absolument besoin de vous à la mission, votre beau-frère est passé il y a une heure et il m’a ordonné de préparer les affaires de la petite Andora pour demain matin. Cela faisait six mois que nous n’avions plus de problème ! Pouvez-vous venir aujourd’hui ? 

          La femme a débité sa phrase sans se donner le temps de respirer et Véronique n’a pas tout compris, juste que c’était urgent et qu’il s’agissait d’une enfant

          Sans réfléchir Elle répond qu’elle sera là le plus vite possible Quand elle relate la conversation à Jaime, il devient livide :

          - Yolanda m’a parlé de Paine et c’est certainement dangereux d’aller là-bas.

          - Pourquoi ? Que sais-tu à ce sujet ? 
     

          - Rien dans le détail mais Yolanda a eu un accident en revenant de la mission, elle s’est retrouvée dans le fossé à cause du conducteur d’une Nissan, ce serait trop long à raconter en une seule fois.

          - As-tu peur de m’y conduire ? 

          - Tu ne sais rien à propos de Paine ! Et pourquoi prendrais-tu des risques alors que tu n’es pas Yolanda ? 

          - Fermes la porte à clés je vais te montrer quelque chose et ensuite tu m’expliqueras ce que tu sais dans la voiture.

          Elle lui explique comment elle a trouvé la disquette, pourquoi elle a pensé à cette cachette et aussi pourquoi elle n’a pas voulu en parler plus tôt. Jaime est abasourdi du sang-froid de la jeune femme et de son initiative.

          - Je connais cette disquette, j’en ai un exemplaire. Yolanda m’a remis une copie en cas où la sienne serait trouvée.

          - Connais-tu la signification de tout cela ? 

          - Pas tout, juste que Yolanda se rendait souvent à Paine et secrètement les derniers mois.

          - Alors allons-y aussi secrètement…. 

          - Je t’emmène car tu es bien capable d’y aller seule par n’importe quel moyen ! Quelle drôle de petite bonne femme tu fais !

           Et il l’embrasse sur la joue.

           Pourquoi ai-je fait cela ? 

          Ce contact trouble la jeune femme et l’irrite.

          Est-ce ainsi que tu as charmé Yolanda ?  Ok la ressemblance est grande mais il ne faut pas confondre cher collègue ! Je ne suis pas Yolanda ! 

          Les voilà sur l’autoroute de la Panamerica. Le paysage est grandiose avec pour toile de fond la Cordilière des Andes. Ce pays serait vraiment plaisant à admirer dans d’autres circonstances.

          Ils quittent l’autoroute pour emprunter une route de campagne bordée de peupliers et de saules pleureurs. Jaime arrête la voiture dans un coin à l’abri des regards. Ils s’engagent sur un chemin caillouteux jusqu’à une bâtisse ressemblant à une hacienda. Le toit en tuiles de bois, et les arcades du bâtiment entourant un patio, rappellent l’architecture espagnole. Des enfants sont regroupés sous un préau et s’amusent à saute-mouton sous l’œil d’une femme d’une quarantaine d’années. Jaime la reconnaît :

          - C’est Enriqueta…. 

          Véronique s’avance, Jaime la retient et la serre contre lui, peut-être un peu trop d’ailleurs….

           - Sois prudente, elle n’est peut-être pas seule….nous allons faire le tour du bâtiment pour voir quelles sont les véhicules stationnés devant l’entrée principale 

          Après inspection,

          - Apparemment il n’y a personne d’autre que le personnel bénévole de la mission. 

          - Tu m’as dit qu’Andora avait trois ans, est-elle au milieu des enfants ? 

          - Non, je ne la vois pas…. 

          Ils s’avancent doucement vers Enriqueta qui leur fait signe d’approcher et s’adresse à Véronique en espagnol.

          - Madame Yolanda quel bonheur de vous revoir ! 

          Jaime la prend doucement par le bras.

          - Pouvons nous parler dans un endroit tranquille avant de voir Andora ? 

          Ils s’assoient près de la fontaine du patio, Jaime explique ce qui se passe et présente Véronique. Enriqueta est effondrée :

          - Mon Dieu ! Qui va pouvoir aider cette pauvre enfant à présent ! 

          Véronique prend la main de la femme en pleurs :

          - Où est cet enfant et pourquoi avez-vous si peur pour elle ?  N’a-t-elle aucun parent ?

          Elle jette un regard apeuré vers Jaime.

          - Faites confiance à cette jeune femme Enriqueta…. 

          -  Elle a un père qui vit à La Serena mais il ne vient jamais…Il a déposé le bébé à la mission après le décès de sa femme et il n’est plus jamais revenu… 

          Quand ils entrent dans la chambre le cœur de Véronique se serre. Une adorable fillette aux cheveux longs très noirs et au teint doré est allongée sur un lit. Elle semble dormir profondément.

          - Est-elle malade ? 

          - Docteur Esteban le dit mais elle allait très bien avant qu’il ne lui prescrive tous ces médicaments…. 

          - Où sont les médicaments ? 

          - Il ne les laisse jamais, il vient la soigner tous les jours et demain il l’emmène à Santiago, il dit qu’elle doit se faire opérer 

          Véronique est glacée, le contenu de la disquette lui revient en mémoire.

          - Que deviennent les patients que le Docteur Esteban emmène à Santiago, reviennent-ils ici ensuite ? 

          - Non….jamais…. 

          Elle regarde Jaime…il a peur de ce que ce regard signifie….

          - Enriqueta, préparez quelques affaires, j’emmène cette enfant avec moi….nous allons la faire ausculter par un autre médecin.

          Jaime avait raison d’avoir peur ! Elle réagit exactement comme Yolanda !

          - Que vas-tu faire d’elle ? Tu ne peux pas l’emmener chez toi ! 

          - Chez moi non, mais chez toi… 

          Il avait tort ! C’est pire qu’avec Yolanda !

          - Enriqueta, quand le docteur Esteban viendra demain dites-lui que le père d’Andora s’est présenté et qu’il a repris sa fille. 

          - Il va hurler mais je préfère encore qu’il soit en colère ! Vous êtes un ange Madame, que Dieu vous bénisse ! 

          Véronique, avec son précieux fardeau, s’installe dans la voiture. Jaime la regarde attendri et ému.  Les yeux de la jeune fille sont noyés de larmes tandis qu’elle caresse doucement la joue de l’enfant. Il y a une telle tendresse dans ses gestes ! Il trouve le tableau adorable !

          Qu’est-ce qui me prend, je l’embrasse sur la joue et maintenant j’ai envie de la prendre contre moi ! Je dois me calmer.

          Une heure plus tard ils arrivent à l’est de Santiago dans le quartier résidentiel de Los Dominicos.

          - Est-ce ici que tu habites ? 

          - Oui avec ma sœur … rassure-toi ….elle est au courant de tout par Yolanda.

          - Elle risque de s’apercevoir que je ne suis pas ta collègue.

          - Pas de problème, elle le sait déjà.

          Monica ressemble beaucoup à son frère mais avec la peau aussi dorée que celle de Jaime est claire. Quand elle voit la fillette elle lève les bras au ciel !

          - Je suppose que c’est une enfant de la mission ? 

           Monica veut prendre l’enfant mais Véronique la serre contre elle.

          - Ne vous inquiétez pas, ici elle ne risque rien. Demain j’appelle mon médecin de famille ….soyez très prudente….pas comme Yolanda la dernière fois. Ne revenez pas avant quelques jours, Jaime vous donnera des nouvelles.

          De retour dans la voiture, Véronique interroge Jaime :

           - Qu’a voulu dire ta sœur par «pas comme la dernière fois ? »

          - Yolanda voulait emmener un enfant mais deux hommes dans un gros Nissan sont arrivés par surprise, l’ont envoyée dans le fossé et repris l’enfant. Elle a été blessée au bras et a eu surtout très peur quand sa voiture a basculé dans le fossé.  Elle a été voir son père et quelques jours plus tard elle partait pour la France.

          - Et l’enfant qu’est-il devenu ? 

          - Bernardo a réussi à le reprendre et malgré l’insistance de la Croix Rouge et de l’association de solidarité dont Yolanda et Monica sont membres, elles n’ont pas pu le défendre. Bernardo a des appuis puissants et il a donné un dossier médical très complet et sans faille !

          - Sais-tu pourquoi elle voulait soustraire cette enfant à la médication de Bernardo ? 

          - Elle nous a dit qu’elle soupçonnait son beau-frère de médecine illégale.

          - Illégale dans quel sens ? 

          - Les enfants vont très bien et après les visites mensuelles de Bernardo, certains sont subitement malades, et surtout ne reviennent pas à la mission après avoir fait un séjour à sa clinique

          - Que deviennent-ils ? 

          - C’est justement là le mystère. Un jour Yolanda a trouvé un dossier que Bernardo avait oublié chez elle. Il était question de nouvelles thérapies essentiellement américaines. Elle ne m’en a pas dit davantage mais quelques jours plus tard ses yeux trahissaient la peur.

          - Et c’était il y a longtemps ? 

          - Environ un an….à partir de ce moment là elle était d’une nervosité extrême et s’absentait souvent jusqu’au jour où elle est partie…je ne sais rien de plus.

          Plus tard, Jaime dépose la jeune fille à Providencia, il est inquiet.

          - Je t’en prie fais attention….Ne fais confiance à personne….si tu as un problème appelle-moi je te laisse le numéro de mon mobile.

          Il la serre contre lui et l’embrasse sur les joues. Véronique tremble un peu mais elle se dit que c’est l’émotion de la journée.

 

 

ajouter un commentaire commentaires (0)    par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier
Mercredi 5 décembre 2007

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CHAPITRE 9

Entrée en fonction
 

12 Novembre 2003

          9 heures : Véronique arrive au cabinet, déposée par Catarina devant l’immeuble de verre de quinze étages de la rue Martin de Zamora. Elle rencontre Jaime Larrain devant l’ascenseur.

          - Monsieur Larrain bonjour…excusez-moi mais je préfère monter les deux étages à pieds, je déteste les ascenseurs.

          - Bonjour Véronique, nous devrions nous tutoyer car c’est le cas avec Yolanda et elle aussi déteste les ascenseurs ! 

          - Je vais avoir besoin de v…ton aide car je ne connais pas la façon de procéder de ta collègue.

          - Les fichiers de patients sont sur disquettes et cd, d’autres sur le disque dur de son ordinateur, il y a aussi des notes écrites dans les tiroirs d’un meuble classeur. Elle m’a laissé le mot de passe pour que je puisse m’occuper de certains patients. 

          - Il serait préférable que je ne reçoive que les nouveaux patients ou les plus récents, les autres pourraient s’apercevoir d’une différence.

          - Bonne idée, je te laisse découvrir les lieux. En cas de problème, je suis juste à côté….pour la secrétaire, je viens seulement de l’engager, Yolanda n’a pas encore pu la rencontrer donc tout ira bien, de plus elle parle français et anglais comme moi.

          En entrant dans le bureau elle est agréablement surprise. Il est exactement comme elle aurait voulu que soit le sien. Une grande baie vitrée donne sur un parking boisé. Le décor indique la forte attirance de Yolanda pour le mobilier européen. Un grand tableau représentant la Tour Eiffel est accroché au dessus de la méridienne. Des dessins d’enfants sont scotchés sur une grande plaque en bois derrière le bureau.

          Pourtant quelque chose cloche dans cet ensemble harmonieux, comme si tout avait été fouillé et remis en place très vite et sans ménagement. Des feuilles dépassent d’un tiroir, des livres sont à l’envers sur l’étagère.

          Elle cherche les disquettes des patients et ne trouve que de rares dossiers dans un petit coffre sur une étagère. Elle appelle Jaime :

         - Tu m’as dit où trouver les disquettes mais il y en a vraiment très peu et tout semble avoir été fouillé… 

          - C’est sûrement son beau-frère qui les a emmenés quand il a transmis les dossiers urgents à un de ses confrères à l’hôpital  après le départ de Yolanda.

          - Tu parles de Bernardo ? A-t-il les clés ? 

          - Oui, cela m’a vraiment étonné que Catarina lui remette ! 

          - Comment Yolanda paie-t-elle les frais du cabinet ? 

          - Un comptable s’en charge à la fin du mois….pourquoi ? 

          - Peux-tu téléphoner à un serrurier, je vais faire changer les serrures….Bernardo ne m’inspire aucune confiance… 

          - Fais très attention, en dehors de Catarina et de Raul, la famille est redoutable ! 

          Redoutable ou pas, je suis Yolanda pour tous alors je vais faire comme si c’était mon bureau et mes affaires ! La seule à qui j’aurai à rendre des comptes sera Yolanda.

          Elle fouille les tiroirs, remet de l’ordre, consulte l’ordinateur mais ne trouve rien d’intéressant. Yolanda devait avoir une raison précise pour partir et pour susciter la haine de son beau-frère ! De plus il est visible que le cabinet a été fouillé.

          - Je dois chercher, un tel bazar signifie qu’il y a quelque chose d’important caché quelque part.

          Elle réfléchit.

          Bon si c’était moi où irais-je  dissimuler un dossier ou une lettre ou n’importe quoi d’ailleurs ? Je ne sais même pas ce que je cherche.

          Elle fixe un grand meuble.

           Il n’a pas l’air d’avoir été déplacé récemment, oui, ce serait une bonne idée…allons voir 

          Elle essaie de bouger le classeur vertical, impossible, il est trop lourd ! Pourtant c’est bien là qu’elle l’aurait mis ! Comme elle n’a rien de spécial à faire, elle vide toute l’étagère et tous les tiroirs puis tire un côté du meuble en avant.

          - Bingo ! Une disquette est fixée avec du ruban adhésif sur le fond du classeur. A peine a-t-elle fini de tout remettre en place et d’enfouir la disquette dans sa poche que des coups sont frappés à la porte précédant immédiatement l’entrée de Bernardo.

        - Pour qui se prend-il celui-là ? 

          - V…tu aurais pu attendre que je te dise d’entrer ! Et si j’étais occupée avec un patient ? 

          - Ne t’énerve pas ! La secrétaire m’a dit que tu étais seule….Fais-tu du rangement ? 

          - Oui comme tu vois…Des dossiers ont disparus ainsi que des disquettes….

          Je dois y aller au culot ! 

          - Est-ce toi qui les a pris ? 

          - Il fallait bien s’occuper de certains enfants puisque tu es partie en laissant tout avec une parfaite inconscience ! 

          - Ne crie pas. Qu’est-ce que tu veux ? 

          - Revenir sur la discussion que tu as interrompue en quittant le pays…. 

          - Je n’ai rien à te dire… Je ne veux plus en parler…. 

          - Et pour cause, je ne sais rien. Je ne sais pas de quoi tu parlais avec ta belle-soeur !

          - Est-ce que le choc t’aurait transformée ? Rendue sensée ? 

          - Le choc me met surtout devant une énigme : de quelle façon suis-je revenue ici ? 

          - Calmes-toi ! J’ai fait au mieux. Eduardo était trop malheureux C’était la seule solution pour que tu reviennes au pays ! 

          - Quelle solution ? 

          - Je suis parti te chercher….le reste est sans importance, l’essentiel c’est que tu sois de retour et dans de meilleures dispositions 

          - Pas à ton égard en tous les cas ! Je te prie de me rendre les clés du bureau et de ne plus t’y introduire sans ma permission ! 

          - Toujours ce même caractère peu digne… 

          - Je me moque de ton opinion, je ne veux te voir que le minimum lorsque nous sommes en famille…. 

          - Dis moi d’abord si tu vas cesser tes investigations et si tu vas nous laisser tranquille ? 

          - Nous ? De qui et de quoi parle-t-il ! Zut et zut, je ne peux rien lui demander, je dois être prudente avec ce gars.

          - Ce sont vos affaires et votre conscience, mais tout se paie un jour dans la vie…. Faites comme vous voulez, cela ne m’intéresse plus… 

          -Je ne m’en sors pas trop mal, pourvu qu’il s’en aille vite, j’ai les nerfs à fleur de peau 

          - Bien…bien…je vois que tu es devenue raisonnable….ton père va être content de l’apprendre…. 

          -