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CHAPITRE 31

A la clinique

          Raul est désorienté. Que doit penser sa sœur…Ses sœurs ? Comment va-t-il s’en sortir à présent ? Il a été trop loin à la mission ! Elles ne lui pardonneront jamais !

          Carlo s’énerve :

          - Arrêtes de rêver ! Agis !...Nous devons tout déménager cette nuit ! 

          - Qu’allons nous faire de Joselito ? 

          - Joselito va partir avec Francesca, elle sait ce qu’il faut faire….Micho  et les deux autres enfants vont partir dans la seconde ambulance pour la clinique de Valparaiso 

          - Deux autres enfants ! Je n’étais pas au courant !     

           Il se retourne furieux vers Francesca qui baisse la tête penaude. Carlo s’aperçoit de la gêne de Francesca.

          Que se passe –t-il entre eux ? Pour l’instant je n’ai pas le temps d’éclaircir cela mais ils ne perdent rien pour attendre ! 

          Il n’a pas le temps de se poser d’autres questions, son mobile résonne lugubrement dans les sous-sols. Raul l’entend répondre :

          - Quoi ? Quand est-ce arrivé ? 

          Raul voit son oncle pâlir, de grosses gouttes de sueurs perlent à son front, il se tient la tête en criant « non ! »

          Raul n’entend pas qui parle, juste les réponses.

          - Bon sang ! Ne viens surtout pas ! Ne te montre pas !  Reste avec père !

          Raul demande affolé en voyant la nervosité de Carlo :

-         Que se passe-t-il ? 

           - C’est Bernardo ! Il s’est aperçu qu’il était filé alors il a roulé comme un fou, il s’est écrasé contre un arbre ! 

          - Il est…. 

          - Oui…le choc a été très violent….   

          - Qui t’a prévenu ?  Gladys ? 

         - Non, elle ne le sait pas encore… 

          - Qui t’a appelé alors ? 

          - Mon frère… 

          - Ricardo ! 

          - Non, Paulo 

          - Je le croyais disparu ! 

          - Il est avec notre père…. 

          - Comment a-t-il appris l’accident ? 

          - Il a le bras long…..très long….je pense que le service de police dont certains membres sont en liaison avec lui l’ont immédiatement prévenu, surtout que Bernardo transportait des cartons de « médicaments » entrés illégalement dans le pays… 

          - Sais-tu de quoi il s’agit ? 

          - Mais toi aussi….Il faut nous dépêcher avant que le service de police n’arrive à la clinique…Ensuite tu vas aller chez Gladys et moi je vais prévenir Eduardo… 

          Raul n’arrive pas à croire que Bernardo se soit tué ! Il ne voulait pas cela ! Comment va-t-il apprendre cette triste nouvelle à Gladys ? Au moment où il quitte la clinique plus tard, il apprend par Francesca qu’Eduardo s’est présenté à la réception et qu’elle lui a dit qu’il n’y avait personne. Il est donc reparti visiblement inquiet.

 

 

 

 

par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier communauté : Ecrire
Mardi 1 janvier 2008

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CHAPITRE 30
 

La confidence tardive

          Au moment où Véronique enfile sa veste, Lorena sort de sa chambre.

          - Où allez-vous à une heure aussi tardive ? Vous découchez, rentrez quand vous voulez, cela ne peut plus durer, mon fils en est très malheureux.

          - Je n’ai pas d’explication à vous donner et votre fils va très bien croyez moi ! Et si vous ne viviez pas avec nous, vous ne seriez pas dérangée ! D’ailleurs n’oubliez pas qu’à la fin du mois vous partez d’ici ! 

          - Comment mon fils peut-il supporter une femme comme vous ? 

          - Tout comme votre fils supporte une mère comme vous ! 

          Et elle claque la porte derrière elle, laissant Lorena en pleine crise ! Le trajet n’est pas long jusqu’à l’hôtel mais elle prend quand même sa voiture, elle n’est pas rassurée à l’idée de cheminer seule dans la rue. Quand elle demande le numéro de la chambre de Monsieur Weber, le réceptionniste la regarde avec un sourire malicieux au coin des lèvres.

          Quel imbécile ! Il doit croire que je vais à un rendez-vous galant ! » Elle sourit aussi.

          C’est vrai qu’à 23 heures il y a de quoi se poser des questions ! 

          Yves la reçoit avec empressement. Il espère pouvoir lui parler ce soir.

          - Ma Douce explique-moi ce qui t’inquiète.

          Elle lui parle d’abord de la situation scabreuse où elle se trouvait, dans la chambre face à Eduardo.

          - Je n’ai jamais eu aussi honte de ma vie ! Je suis d’abord restée sans bouger…. 

          - Il ne t’a pas touché au moins ! 

          - Je crois qu’il en avait envie, son regard était plutôt brillant ! 

          - Il ne faut plus que tu restes là-bas ! 

          Yves est furieux de savoir qu’Eduardo a vu le corps de celle qu’il aime !

          - Je pense que c’est la dernière fois, demain je vais lui dire qui je suis…. 

          - Ne le fais pas en étant seule, attendons les instructions de Wanclift…justement le voilà.

          Les nouvelles de Wanclift ne sont pas rassurantes. Il a appris qu’un certain Riveros est à la tête d’une organisation assez dangereuse dont les membres se débarrassent facilement des personnes qui les gênent.

          - Raul à la tête d’une organisation ! 

          - Non….il est trop jeune, le Riveros dont je vous parle est beaucoup plus vieux ! 

      
- Ricardo ! Je n’arrive pas à y croire ! Pourvu que Yolanda ne téléphone pas à sa mère ! 
 

          Elle n’arrive pas encore à dire maman…

          -  Ne vous affolez pas, j’ai une photo du sinistre individu, elle m’a été faxée au bureau des investigations dans la soirée, dites-moi s’il s’agit de la personne à qui vous pensez.

          Véronique tremble en prenant le fax…et s’exclame !

          - Ce n’est pas Ricardo Riveros ! Il y a bien une légère ressemblance mais ce n’est pas lui ! 

          - Vous ne le connaissez pas ? 

          - Non, pas du tout…certainement un membre de la famille mais je ne l’ai jamais vu, il a l’air beaucoup plus âgé que ceux que je connais….

          - Surnommé « Le Conquistador », son influence est grandissante depuis plus trente ans dans le milieu du trafic de substances psychotropes, de stupéfiants, de trafic d’armes et d’autres. Il prend des identités diverses mais la seule véritable est Riveros, Diego Riveros.  Il est très bien protégé. Il communique avec sa famille avec tellement d’intermédiaires qu’il est très difficile de le localiser. Nous n’avons jamais pu infiltrer son organisation ni sa famille. C’est pour cette raison que vous, Véronique, au milieu des membres de la famille vous pouvez être un atout considérable.

          - Mais les gens que je connais ne sont pas tous des brigands ! Je veux bien vous rendre service contre Bernardo mais Raul est mon demi-frère…..Catarina, ma mère….. 

          - Je sais tout cela….seulement Raul a quand même séquestrée votre jumelle…. 

          - Je veux en parler avec Jaime et Yolanda avant de prendre une décision.

          Yves s’énerve :

          - Pourquoi Jaime ? Il n’est en rien concerné ! Ne peux-tu pas te passer de lui ? 

          Wanclift s’en mêle :

          -  Véronique, en effet Jaime Larrain n’est en rien concerné dans l’affaire dont on parle, il serait d’ailleurs utile de ne pas trop lui en dire…. 

          - Vous ne le soupçonnez quand même pas ! 

          - Ma Douce calme-toi…..Il ne s’agit que d’une précaution.

          - Alors comme protection vous feriez mieux de surveiller la clinique ce soir ! 

          Wanclift demande rapidement :

          - Pourquoi la clinique ?

          - Je crois qu’il s’y passe quelque chose ce soir. Bernardo Esteban s’y est rendu avec précipitation suite à un appel téléphonique, sa femme a prévenu Eduardo qui lui aussi est parti là-bas.

          - Je vais immédiatement prévenir mes services et envoyer des hommes surveiller la clinique ! Cette activité soudaine est anormale ! Il vaut mieux que vous preniez une chambre à l’hôtel ce soir ! 

          Yves approuve de suite ! Dès le départ de Wanclift il prend les mains de Véronique :

           - Véronique, il a raison, tu peux même rester ici, il y a deux lits et ainsi tu seras en sécurité.

        Elle est vraiment tentée d’accepter car elle est très angoissée et se retrouver seule ne va rien arranger. Mais que va penser Jaime quand il va apprendre qu’elle est restée à l’hôtel et surtout dans la chambre de son ami ? Après tout elle l’a appelé et il était absent, certainement avec Yolanda !

          - D’accord, je préfère ne pas rester seule, je ne me sens pas très bien.

          Yves jubile  quand Wancliff les quitte.

          - Ce n’est peut-être pas le bon moment mais comme nous sommes seuls tous les deux …je dois te faire un aveu… 

          Véronique n’aime guère le ton doucereux de son ami.

           - Crois-tu que cela soit le moment de discuter, je tombe de sommeil, les frayeurs et les évènements de la journée m’ont épuisée.    

          -  Nous ne sommes jamais seuls et je préfère te parler ce soir avant…. 

          - Avant que quoi ? 

          - Je t’aime….Je t’ai aimé bien avant de sortir avec Grâce… 

          - Yves ! Tu n’as pas le droit de me dire cela !…Grâce est mon amie et jamais je ne la trahirai…de plus, je t’aime comme un ami très cher….mais je ne t’aime pas d’amour.

          - Est-ce à cause de Jaime ?      

          -  Jaime est amoureux de Yolanda….non, cela n’a rien à voir….tu es un ami et je ne te vois pas autrement.

          - Je deviens fou à force de penser à toi !  Je suis sorti avec Grâce pour te rendre jalouse et si elle n’avait pas été enceinte jamais je ne me serais marié avec elle.

          - Comment peux-tu dire une chose pareille ! 

          - Je t’en prie, je t’aime tellement ! N’as-tu jamais eu un petit faible pour moi ? Même au début de notre rencontre ? 

          - Je suis désolée Yves, ne m’en veux pas, non ….Je crois qu’il vaut mieux que je prenne une autre chambre… 

          -  Il est plus d’une heure du matin, tu ne trouveras personne à la réception…Reste s’il te plait, je ne dis plus rien…. 

          - D’accord… Appelles Grâce, avec le décalage horaire elle est réveillée mais ne lui dit pas que je suis là, elle ne comprendrait pas et je ne veux pas qu’elle s’imagine des choses qui n’existent pas.

          Yves s’exécute complètement déçu de la réponse de Véronique. Il se rend compte qu’il a poursuivi une chimère et que sa situation était inextricable. Quitter Grâce aurait été difficile mais il avait l’espoir quand même que Véronique répondrait  à son amour. Il se sent mal mais il arrive néanmoins à parler calmement à sa femme.

          Véronique en profite pour se mettre sous les draps et fermer la lampe de chevet à côté de son lit. Elle a besoin de se reposer, de dormir, d’oublier quelques heures tout ce qu’elle a vécu dans la journée. Elle pense à Jaime et des crampes surgissent au niveau de l’estomac alors elle ferme les yeux et essaie de calmer le tumulte de ses pensées.

 

 

 

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Samedi 29 décembre 2007

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CHAPITRE 29
 

Gladys

          Bernardo a une discussion violente avec sa femme.  Chaque fois qu’il reçoit un appel il est obligé de s’absenter et elle commence vraiment à en avoir assez !

          - Qui est-ce qui appelle cette fois ? Ricardo ? Carlo ? Une femme ? 

          - Je n’ai pas le temps de t’expliquer, il faut que je m’en aille immédiatement.

          - Non ! Cette fois tu ne partiras pas sans m’avoir tout expliqué ! Tu es d’une nervosité extrême ces derniers temps et je n’arrive plus à avoir une conversation avec toi ! 

          - Je t’en prie ne recommences pas ! Je dois partir ! 

          - Alors je viens avec toi ! 

          - Tu ne peux pas…. 

          Elle prend les clés de la voiture et les jette par la fenêtre du cinquième étage.

         - Cela ne va pas être facile de les retrouver avec la nuit tombante et au milieu de tous les arbustes ! 

          - Tu es devenue complètement folle, je risque gros si je ne vais pas à mon rendez-vous ! 

          - Explique ! 

          - Je ne peux pas…donne-moi le double des clés…. 

          - Pas question…. 

          Bernardo est pris d’un accès de folie ! Il renverse le sac de Gladys, en vain. Il tape dans les murs avec une telle violence qu’un tableau atterrit sur le canapé. Il met sans dessus dessous tous les tiroirs, renverse des bibelots sur son passage, toujours rien. Il revient vers sa femme, la secoue violemment et  la plaque contre le mur :

          - Donnes-moi le double des clés !

          Jamais Gladys ne l’a vu dans un tel état de furie ! Les yeux de son mari ne la voient plus, ils sont emplis d’une colère incontrôlable ! Il lui fait peur alors elle prend les clés dans une boite posée sur le buffet et les jette à terre.

          - Les voilà tes clés ! Va-t-en ! 

          Il ne se fait pas prier, descend les escaliers en courant sans prendre la peine d’attendre l’ascenseur, se précipite dans le parking souterrain et se met au volant en démarrant comme un fou !

          Gladys s’écroule dans un fauteuil. Elle pensait mettre la soirée à profit pour lui annoncer qu’elle aimerait bien qu’il fonde une famille, elle désire un enfant, d’où sa colère quand le téléphone a sonné. Elle ne comprend pas l’attitude de Bernardo. Il est dans cet état depuis le retour de sa  belle-sœur mais ce soir c’est pire que tout ! Elle est à bout de nerfs et appelle Eduardo. Quand son beau-frère l’entend il comprend tout de suite qu’elle a pleuré.

          - Gladys que t’arrive-t-il ? 

          - C’est Bernardo ! Je ne sais pas ce qu’il a depuis le retour de Yolanda….Il en arrive même à être violent !

          - Parles plus doucement, calmes-toi, que s’est-il passé ? 

           - Il a reçu un appel, il me semble avoir reconnu le début du numéro de la clinique mais il n’a rien voulu me dire et il est parti comme un fou !    

          La clinique ! Eduardo est inquiet. Qui peut avoir appelé si tard ? Son beau-père est chez lui, il vient juste de le quitter et Yolanda est dans sa chambre. 

          - Ne t’inquiètes pas, je vais essayer de savoir ce qui se passe et je te rappellerai.

          - Je te remercie.

          Eduardo frappe à la porte de sa femme et entre. Elle n’a rien entendu sous la douche et quand elle va dans la chambre elle se retrouve devant Eduardo dans le plus simple appareil. Véronique est affreusement gênée et se met à rougir très fort. Eduardo ne baisse pas le regard, il la fixe et se dit qu’elle est plus belle que jamais. Véronique tire le jeté de lit et le met devant elle.

          - Chérie pourquoi une telle pudeur, je t’ai déjà vue nue et je suis toujours ton mari… 

          - Je ne crois pas avoir envie de discuter de cela ce soir… 

          - Pourquoi ? Je crois au contraire que nous devrions avoir une discussion…. 

          - A propos de quoi ? De ta maîtresse ? De tes nombreuses aventures ? 

          - Qu’est-ce que tu racontes ? 

          - Je connais la vérité depuis longtemps… 

          Il tente de dire que c’est faux mais Véronique lui demande de quitter la chambre.

          - Très bien, nous en reparlerons demain ! Je dois aller à la clinique, Bernardo a eu un appel et il est parti très vite en affolant complètement Gladys. Je vais voir ce qui se passe.

          - A une heure pareille ! 

          - Quelle importance pour toi ? 

          - Oui c’est vrai, fais ce que tu veux… 

          Dès qu’il a quitté la pièce, elle enfile un peignoir et prend le téléphone. Chez Jaime personne ne répond. Il devrait pourtant être là ! A moins qu’il ne soit reparti voir Yolanda ! Cette pensée l’angoisse terriblement, tout autant que le départ d’Eduardo pour la clinique. La fuite de Yolanda a dû affoler Bernardo, cependant Eduardo ne devrait pas être concerné. Et si……Nerveusement elle appelle Yves.

         - Véronique ! As-tu un problème ?  

          - Je ne sais pas exactement ce qui se passe mais c’est bizarre, puis-je venir te voir pour en parler ? 

          - L’agent d’Interpol ne va pas tarder à arriver mais viens, nous en parlerons avec lui. 

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Samedi 29 décembre 2007

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CHAPITRE 28
 

Raul

          Catarina n’a pas réussi à joindre Raul. Après son service de nuit il n’est pas rentré à la maison. Quelle va être sa réaction en apprenant qu’il a une autre sœur  et  que cette sœur est Véronique ? Il est tellement bizarre depuis quelques temps ! A la clinique l’infirmière chef lui a dit qu’il était parti depuis plusieurs heures.

          Elle n’a pas eu plus de chance avec Véronique, à son bureau la secrétaire a dit qu’elle était partie avec Jaime Larrain et un autre homme à neuf heures du matin et que personne ne reviendrait avant demain. Si Eduardo apprend qu’elle n’est pas au bureau il va faire un scandale ! Quand elle appelle sur son mobile, la messagerie se met en route tout de suite. Que se passe-t-il donc ?

          La porte s’ouvre livrant passage à Raul furieux.

          - Raul je t’ai appelé plusieurs fois, où étais-tu ? 

          - J’avais des choses importantes à faire… 

          - Et moi j’ai des choses importantes à te dire… 

          - Cela concerne quoi ? 

          - Ta sœur… 

          Il devient blême. Sa sœur serait-elle venue ici ?

          - As-tu d’autres nouvelles de Yolanda ? 

          - Non pas de Yolanda… 

          - Alors je ne comprends pas  Ouf ! Peur pour rien !

          - Je parle de Véronique… 

          - Ce n’est qu’une sœur de substitution.

          - Pas vraiment…. 

          Et les explications fusent à la grande stupeur de Raul !

          - Véronique est la jumelle de Yolanda ! Je vais devenir fou !    

           - Que veux-tu dire ? 

          - Oh rien ! Je suis fatigué et cette nouvelle m’a ébahi alors je ne sais plus où j’en suis ! 

          Il quitte précipitamment le salon et s’enferme dans sa chambre. Il prend le téléphone et appelle Ricardo :

          - Alors me voilà avec deux sœurs ! Et toi avec deux filles dont aucune n’est à toi réellement ! Cela va être gai ! 

          - Raul calmes-toi…Ce n’est pas catastrophique…Nous nous organiserons… 

          - J’ai déjà beaucoup de mal à en contrôler une alors deux c’est vraiment impossible ! 

          - Qu’est-ce que tu racontes ? 

          -  Il faut que je prévienne Bernardo… 

          - Tu ne vas prévenir personne…tu vas te reposer et te calmer jusqu’à demain matin ! 

          Pendant qu’il repose le combiné il se pose des questions. Qu’arrive-t-il à son fils ?  Ricardo rejoint son frère dans le bureau d’à côté  et lui raconte les derniers évènements. Carlo fait la moue :

          - Alors tu as une autre fille ? Vraiment étrange cette histoire. Pas étonnant que Raul ne sache plus où il en est ! Je vais l’appeler, tu sais que nous sommes très proches alors peut-être arriverais-je à lui montrer le bon côté des choses.

          - Je te remercie, à moi il ne dit rien, c’est toi son confident… 

          A peine Ricardo a-t-il quitté le bureau que Carlo appelle son neveu :

          - Ecoutes-moi bien, il faut te calmer…Véronique joue le rôle de ta sœur alors qu’elle le soit vraiment ne change rien pour le moment.

          - Oui peut-être mais il y a une nouvelle qui ne va pas te faire plaisir….Yolanda a disparu… 

          - Comment cela disparue ! Elle était pourtant sous bonne garde ! 

          - Oui mais Francesca s’est fait piéger.

          - Bon sang ! Et Enriqueta ne sait pas où elle se trouve ? 

          - Non, a priori elle ignore qui est venu la chercher… 

          - C’est Jaime Larrain ! Et si c’est lui, Véronique le sait aussi ! Enriqueta a dû les prévenir, ce qui est inquiétant c’est que personne n’a fait appel à toi ! 

          - Mais elle ne peut pas deviner que je suis mêlé à son enlèvement…sauf si… 

          - Sauf si quoi ? 

          - Sauf si elle ne dormait pas vraiment… 

          - Ne me dis pas que tu es entré dans la pièce où elle était ! 

          - Si…hier soir mais elle respirait lentement comme si elle dormait et les calmants faisaient effet… 

          - Elle est très rusée et toi vraiment idiot ! 

          - Qu’allons-nous faire ? 

          - Tout retirer de la circulation cette nuit ! Retrouvons nous à 23 heures et ne te fait pas repérer.

          Carlo raccroche très énervé. Il va sortir quand il est pris d’un malaise. Sa tête le fait horriblement souffrir et les images des tortures du passé affluent à son cerveau. Les mêmes images qui peuplent ses cauchemars depuis très longtemps. Il n’en peut plus, il crie :

          - Laissez-moi tranquille !  Puis il chancelle.

          Quelques minutes plus tard il se relève, les yeux injectés de sang mais le calme apparaît peu et peu et il redevient lui-même.

          Après avoir roulé une demi-heure, il arrive à la clinique. Francesca l’attend dans la permanence des infirmières. Il la regarde durement :

          - Je sais ! Tu n’as plus rien à expliquer ! Va voir l’infirmière de service et dis-lui que tu la remplaces cette nuit sur ordre de Bernardo je ne veux pas d’autre bévue ! 

          - Et si Bernardo arrive ? 

          - Il va venir car je vais l’appeler. Ne lui parles surtout pas de Yolanda, il est persuadé que Véronique est sa belle-sœur ! Quand il comprendra nous aurons envoyé la marchandise ailleurs.

          - Et Raul ? 

          - Il va nous aider cette nuit….ensuite… 

          - Ne lui fais pas de mal… 

          - Tu n’es quand même pas tombée amoureuse de lui !  Et il lui prend la taille :

          - Tu es à moi, ne l’oublie jamais ! 

          Francesca commence vraiment à craindre Carlo. S’il apprend sa liaison avec Raul, elle n’ose imaginer les conséquences !

 

 

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Vendredi 28 décembre 2007

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                 CHAPITRE 27

Les retrouvailles

          Jaime arrive au bureau plus tôt que prévu. Il a mal dormi sachant Véronique chez Eduardo.

          Yves se présente au bureau les yeux hagards, il n’a guère mieux dormi. Ce que lui a appris l’agent Wanclift ne le rassure pas.

          La secrétaire le reçoit aimablement et lui apprend que seul Docteur Larrain est là. Alors il frappe à la porte de Jaime.

          - J’ai des choses à vous apprendre et vraiment je ne sais par quel bout commencer tellement c’est incroyable ! 

          Véronique ne le laisse pas finir, elle s’engouffre dans le bureau comme une tornade :

          - Je pense que les nouvelles que tu as apprises concordent avec les miennes.

          Puis se tournant vers Jaime :

          - Yolanda est ma sœur jumelle… 

          - Yolanda ta sœur, comment est-ce possible ? 

          - Tout est de la faute de ma grand-mère ! Je suis tellement déçue ! Je l’aimais tant ! 

          Quand elle a fini son récit Jaime est abasourdi. A peine revenu de sa surprise le téléphone résonne

          - Allo Jaime ? 

          Il en lâche le téléphone et dit à Véronique :

          - C’est la voix de Yolanda ! 

          Il reprend le combiné :

          - Yolanda mais où es-tu ? 

          - A Paine…. 

          - Que fais-tu là-bas et quand es-tu revenue ? 

          - Je t’expliquerai…je t’en supplie viens me chercher…j’étais prisonnière…. 

          - Nous arrivons ! 

          - Qui nous ? 

          - Tu verras….Rends toi à l’endroit habituel, peux-tu le faire ? 

          Véronique se souvient du billet doux et son cœur se serre.

          - Voilà, Yolanda est de retour et plus rien ne sera pareil.  A quoi d’autre pouvais-je m’attendre ? C’était idiot d’espérer.

          - Je vais essayer de m’y rendre sans me faire repérer, fais attention en arrivant…. 

          - Nous allons faire vite…. 

          Puis se tournant vers Yves et Véronique :

          - Yolanda était prisonnière à Paine, je ne sais pas depuis combien de temps mais sa voix est très faible. Elle a pu téléphoner grâce à Enriqueta. Il faut y aller très vite car elle est en danger.

          Véronique se dit que retrouver sa sœur est une chance alors elle met sa jalousie de côté et tous quittent le bureau en prévenant la secrétaire d’annuler et de reporter les rendez-vous de la journée.

          Avant l’arrivée de Raul chez Enriqueta.

          Elle aide Yolanda à s’habiller car elle est encore faible, ouvre doucement la porte et fait le guet jusqu’à ce que la jeune femme ait disparue dans les bois au loin. Puis elle retourne tout aussi prudemment dans sa chambre et referme la porte.

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          Yolanda n’eut guère plus d’une demi-heure à attendre parce que Jaime a roulé très vite. Il sort de la voiture précipitamment ce qui fait dire à Yves :

          - On dirait un preux chevalier allant au secours de sa belle ! 

          Véronique répond impulsivement :

          - Arrête de dire des bêtises en un pareil moment ! 

          - Serais-tu jalouse ? 

          - Ne sois pas stupide par-dessus le marché ! 

          Bien sûr qu’elle est jalouse ! Jaime a retrouvé sa collègue et la façon dont il stressait dans la voiture est très significative ! 

          Jaime trouve Yolanda recroquevillée sous un arbre à l’abri des regards indiscrets. Elle pleure à chaudes larmes quand il la soulève.

          - C’est fini mon petit, tu es en sûreté à présent, plus personne ne te fera de mal je te le garantis… 

          Elle se laisse aller contre son épaule et se calme peu à peu. Il lève la tête et son regard rencontre celui de Véronique. Il voit un tel désespoir dans ses yeux qu’il comprend la méprise de la jeune femme. Mais ce n’est pas le moment de s’attarder dans les parages, il faut partir au plus vite.

          Les deux sœurs se retrouvent dans les bras l’une de l’autre à l’arrière du véhicule. Elles tremblent d’émotion. Yolanda est très pâle, elle a maigri et des cernes entourent ses yeux. Elle parle très lentement et explique ce qui lui ai arrivé à Paine et le rôle de son frère et de Francesca. Elle prend la main de Véronique :

          - Je suis si contente que tu sois vivante ! Il faudra tout me raconter.

          - C’est promis mais sauvons-nous vite d’ici, j’ai horreur de cet endroit depuis que je sais ce qui s’y passe.

          Jaime freine brutalement en s’adressant à Véronique :

          - Alors Bernardo a toujours su que tu n’étais pas sa belle-sœur !  Et Eduardo ? Tu as vraiment pris de gros risques en allant chez Eduardo, Véronique ! 

          - Je n’étais pas chez lui cette nuit mais chez ma…notre mère et Ricardo.

          Yolanda continue :

          - Je suppose qu’il s’agit de Bernardo, je n’en suis absolument pas sûre, Raul n’a pas donné de nom… 

          Puis tous gardèrent le silence pendant le  reste du trajet. Yves n’a pas aimé du tout la réaction de son amie tout à l’heure. Elle est jalouse et ce n’est pas bon signe. Le retour de Yolanda va peut-être remettre de l’ordre et il va pouvoir repartir avec Véronique. Il faut qu’il s’en occupe le plus vite possible.

          Jaime pense à Véronique et à ce qu’elle a dû déduire en entendant les paroles dites à sa collègue et surtout à ce qu’elle va encore imaginer quand ils vont tous arriver chez lui. Il doit absolument trouver un moment pour lui parler en particulier. Il ne veut pas la perdre. Elle est tellement impulsive et elle risque de partir pour la France avec Yves !

          Véronique a le cœur gros. Son amour pour Jaime est bien compromis à présent. Les forts pincements au cœur lui prouvent à quel point elle tient à lui.  Elle retient difficilement ses larmes. Elle savait pourtant que ce moment arriverait ! Qu’espérait-elle ? Et maintenant sa rivale est sa sœur !

          Quand ils arrivent tous à Los Dominicos, Monica rit et pleure en même temps en retrouvant Yolanda.

          - Ma pauvre amie, dans quel état ils t’ont mise !  Allons vite à l’association, je les ai prévenus dès que mon frère a téléphoné, ici c’est trop aléatoire, Raul va certainement surgir comme un fou d’un moment à l’autre. 

          Yolanda hésite :

          - Il ne peut pas savoir que Jaime est venu me chercher.

          - Sauf s’il fait pression sur Enriqueta…Il semble capable de tout ! 

          - Tu as raison…Jusqu’à ce que nous ayons tiré au clair l’histoire de la clinique il vaut mieux être prudents.

          Véronique pense justement à cela.

          - Voilà pourquoi il n’est pas entré avec nous dans la clinique ! 

          Jaime continue :

          - Il était au téléphone avec Catarina ! Quel est son rôle dans tout cela ? 

          Yolanda les regarde tous les deux :    

          - Ils ont l’air bien complices ! Comment sa jumelle a-t-elle réussi à convaincre Jaime de se mêler à cette affaire ? Le regard qu’il lui lance de temps en temps est très expressif !  Non, c’est mon imagination. Il doit simplement être frappé par la ressemblance. Véronique n’est là que depuis peu… 

          - Je vois que vous avez avancé dans les investigations…Véronique il faudra m’expliquer pourquoi tu as décidé de t’investir dans cette affaire dangereuse…

          - Plus tard, quand tu seras à l’abri… 

          Jaime la regarde attendri, Véronique l’étonnera toujours. Il est sûr que c’est le tumulte complet dans son esprit. Elle a perdu son sourire, et sa tristesse prouve bien qu’elle l’aime. Il n’abandonnera pas. Cette femme a fait naître en lui des émotions qu’il gardait au fond de lui. Il n’a jamais voulu dire « je t’aime » à une fille  pour ne pas se sentir piégé et pourtant les aventures étaient nombreuses. Il n’a jamais ressenti le besoin de le dire mais là, pour elle, il voudrait le crier au monde entier ! Il tient beaucoup à Yolanda et ce qu’il avait pris pour un sentiment naissant n’était qu’une profonde amitié. Véronique…c’est différent.

          Yves s’est aperçu du trouble qui s’est installé entre Jaime et son amie.

          Je dois lui expliquer ce que je ressens, lui dire que je l’aime, que la vie de ce métèque est au Chili et la sienne en France. 

          Il en a complètement oublié Grâce et le bébé. Il sursaute quand son mobile sonne. Avant qu’il ne ferme l’appareil, Véronique l’arrête :

          - C’est sûrement Grâce….prends la communication, elle doit s’inquiéter.

          Cet appel visiblement agace Yves.

          - Je la rappellerai plus tard, nous n’avons pas le temps maintenant… 

          Jaime profite de l’occasion :

          - C’est votre femme et l’inquiétude n’est bonne ni pour elle ni pour le bébé, nous pouvons attendre quelques minutes.

          - J’ai déjà raccroché… 

          Ce gars se mêle vraiment de ce qui ne le regarde pas ! Tout lui est bon pour me faire mal voir par Véro ! 

          Véronique est mécontente, elle ne comprend pas l’attitude de son ami.

          - Vraiment tu exagères ! Rappelles-la maintenant, je me fais du souci pour elle.

          Yves s’exécute de mauvaise grâce à la grande satisfaction de Jaime. Ce dernier sait qu’il vient de marquer un point en voyant la colère de Véronique devant l’attitude trop désinvolte de son ami. Il a un peu honte de se réjouir de la déconfiture d’Yves mais c’est de bonne guerre, il se bat pour son amour. Il doit gagner du temps et du terrain par tous les moyens. C’est incroyable comme il aime cette femme ! Elle est dans son esprit, dans son âme, dans son corps ! Il pense à elle tout le temps !

 

 

 

par marinachili publié dans : LES TROIS DAMES roman policier communauté : Ecrire
Mercredi 26 décembre 2007

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CHAPITRE 26
 

Panique à bord !

 

          Francesca écoute un moment derrière la porte, aucun bruit. Enriqueta a dû se recoucher. Comment va-t-elle expliquer cette disparition à Raul ! Elle inspecte le moindre recoin de la mission. Où donc cette satanée Yolanda a-t-elle bien pu se cacher ! Elle n’ose pas appeler son petit ami…il va la tuer ! Elle décide de chercher encore avant de  téléphoner.

          Après avoir parcouru de long en large le parc du dispensaire elle rentre épuisée et complètement démoralisée. Elle  reste un très long moment à réfléchir et se dit que lorsqu’il fera jour elle reprendra ses recherches. Dans l’état où elle est, Yolanda ne peut aller loin, surtout à pieds.

          Quelques heures plus tard elle est réveillée par le bruit des enfants dans le réfectoire. 10 heures ! Elle a dormi d’une traite plusieurs heures, il faut absolument qu’elle se mette à la recherche de l’évadée ! Quand elle rejoint Enriqueta, celle-ci l’accueille avec un grand sourire.

          - As-tu trouvé ton fameux rôdeur ? 

          Francesca n’apprécie pas la remarque mais ne dit rien. 

          Pourquoi donc ai-je la désagréable sensation que cette insupportable indienne se moque de moi ! 

          - Non….il n’y avait personne.

          - Je te l’avais dit ! Nous sommes trop loin de tout ici ! 

          Alors comment Yolanda a-t-elle pu disparaître ainsi ? C’est vrai qu’elle connaît très bien la mission et ses environs. Elle doit être dans les bois car personne n’a pu venir la chercher étant donné qu’elle ne pouvait pas téléphoner. Elle s’apprête à sortir quand arrive Raul. Il tire Francesca par le bras :

          - Nous allons emmener Yolanda ailleurs parce qu’ici cela devient dangereux. Occupe Enriqueta pendant que je mets la voiture à l’arrière du bâtiment… 

          - Tu ne peux pas l’emmener…. 

          - Ce n’est pas de ton ressort, fais ce que je te dis ! 

          - Cela ne sert à rien…elle…a disparu… 

          - Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? 

          - Elle m’a assommée avec une boite en bois et quand je me suis réveillée elle avait disparu… 

          - Ce n’est pas possible ! Comment peux-tu être aussi idiote ! As-tu été voir Enriqueta ? 

          - Oui, mais elle dormait et il n’y avait personne chez elle.

          - C’est la seule qui pouvait l’aider…As-tu complètement inspecté sa chambre ? 

          - Je suis rentrée dans la chambre, elle n’était pas fermée à clé et je l’ai réveillée…. 

          - Combien de temps es-tu restée inanimée ? 

          - Je ne sais pas… 

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